Moscou a beau avoir ordonné une trêve de 32 heures à l'occasion de Pâques orthodoxe, les frappes russes par drones se sont poursuivies en Ukraine ce week-end. Un officier ukrainien de la 148e Brigade d'artillerie indépendante a confirmé à l'Associated Press que « le cessez-le-feu n'est pas respecté par le côté russe ». Dans le secteur où opère son unité, à la jonction des régions de Donetsk, Dnipropetrovsk et Zaporijjia, les hostilités par drone se sont intensifiées malgré la pause annoncée dans les tirs d'artillerie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait pourtant salué cette initiative, y voyant une chance de relancer les discussions pour la paix. « Pâques doit être un temps de silence et de sécurité. Un cessez-le-feu à Pâques pourrait aussi marquer le début d'un vrai mouvement vers la paix », avait-il écrit en ligne. Mais le chef de l'État a rapidement tempéré son optimisme : « Nous savons tous avec qui nous traitons. L'Ukraine respectera le cessez-le-feu, mais répondra avec la même fermeté aux violations.

L'espoir de paix éclipsé par la réalité des bombes

Les conséquences de cette trêve bafouée se sont matérialisées dans le sang. À Odessa, une frappe nocturne de drones russes a coûté la vie à au moins deux civils et blessé deux autres, touchant des bâtiments résidentiels et une école maternelle. À Kherson, un trolleybus public a été frappé moins d'une heure avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, faisant un mort. Selon l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a lancé 160 drones dans la nuit, dont 133 ont été abattus. Moscou, de son côté, affirme avoir intercepté 99 drones ukrainiens au-dessus de son territoire et de la Crimée occupée.

Ces violences ont contrasté avec un rare moment d'apaisement humanitaire : un échange de prisonniers samedi a permis la libération de 175 soldats russes et de sept civils ukrainiens. Le président Zelensky a salué ce geste, précisant que la plupart des soldats libérés étaient détenus depuis 2022. Les retrouvailles émouvantes ont eu lieu en Ukraine, où des familles, agitant des drapeaux bleu et jaune, attendaient leurs proches parmi les 175 rapatriés. Certains ont même été accueillis par des portraits de soldats toujours portés disparus, dans l'espoir d'obtenir des nouvelles.

Les négociations dans l'impasse malgré les gestes humanitaires

La libération des prisonniers, bien que significative, ne masque pas l'échec des pourparlers de paix. Les discussions, menées sous l'égide des États-Unis, n'ont abouti à aucun progrès concret depuis le début de l'invasion il y a cinq ans. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a présenté la trêve comme un « geste humanitaire », tout en réaffirmant ses exigences intransigeantes pour un règlement global – une position qui reste le principal obstacle à un accord. Pendant ce temps, l'Ukraine continue de subir les conséquences d'une guerre qui, malgré les appels au calme, ne montre aucun signe d'essoufflement.

Sources :
  • Breitbart

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