Thierry Lhermitte, figure emblématique du cinéma français, dénonce une dérive inquiétante au sein du Centre National du Cinéma. Depuis peu, les aides publiques ne sont plus attribuées sans contrepartie : chaque employé du secteur doit désormais participer à des stages obligatoires de prévention des violences sexistes et du harcèlement. Ce qui ressemble à une mesure de bon sens en apparence révèle une mécanique bien plus problématique, où la liberté artistique se trouve sacrifiée sur l'autel d'une bien-pensance imposée.
La mécanique de ces formations, selon le témoignage de l'acteur, emprunte davantage aux méthodes des thérapies de groupe qu'à une démarche pédagogique classique. L'obligation de dévoiler sa « météo psychologique » ou de participer à des exercices de communication contrainte instaure un climat de suspicion généralisée. Chaque interaction professionnelle devient suspecte, chaque mot doit être pesé à l'aune d'une grille de lecture idéologique préétablie. Cette infantilisation systématique des professionnels du cinéma interroge sur la nature réelle de ces dispositifs.
L'institution détournée de sa mission initiale
Loin de se contenter de son rôle traditionnel de soutien à la création, le CNC se mue en relais d'une idéologie militante. En conditionnant les financements publics à l'adhésion à des programmes de formation marqués par le progressisme, l'État franchit un cap dangereux. L'argent du contribuable, collecté au nom de l'intérêt général, est ainsi détourné pour financer des officines dont l'objectif affiché est de rééduquer les consciences. Cette instrumentalisation de l'institution publique au service d'un agenda politique spécifique pose un problème démocratique fondamental.
Cette politique des petits pas, si elle se poursuit, pourrait bien signer l'arrêt de mort de l'audace et de l'impertinence qui ont fait la renommée du cinéma hexagonal. La nécessité de valider un questionnaire sociétal avant même le début d'un tournage transforme la création en exercice de conformité. Le risque est réel : voir disparaître cette étincelle de liberté qui a permis à des générations de réalisateurs de bousculer les conventions. En voulant moraliser le secteur par la contrainte, les tutelles administratives risquent de tuer dans l'œuf ce qui fait la vitalité et l'originalité de notre art.
Le cinéma français en voie de folklorisation
En l'espace de quelques mois, le Centre National du Cinéma est passé du statut de soutien bienveillant à celui de censeur déguisé. L'obligation de formations idéologiques, imposée sous couvert de lutte contre les violences sexistes, repose en réalité sur une logique de culpabilisation systématique des professionnels. Thierry Lhermitte en témoigne : ces stages, loin de renforcer la cohésion d'équipe, instaurent un climat de défiance où chaque individu doit constamment justifier de sa probité morale. Le CNC, en se faisant le relais d'un agenda progressiste, trahit sa mission initiale au service de l'art et de la culture française. Les subventions publiques, issues de l'impôt, ne sauraient financer des officines de rééducation idéologique. Cette dérive, si elle n'est pas enrayée, menace directement la liberté créative et l'exception culturelle française, piliers historiques d'un cinéma qui a su résister aux modes comme aux dogmes.
- Interview de Laurent Baffie Coloscopie avec Thierry Lhermitte - Youtube
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