Porté par Jessie Buckley dans un double rôle saisissant, *The Bride!* s’impose comme l’une des propositions les plus radicales de l’année. Maggie Gyllenhaal, après son premier long-métrage acclamé *The Lost Daughter* en 2021, signe ici une réinvention aussi ambitieuse que déroutante du mythe de *Frankenstein*, en s’inspirant librement de *La Fiancée de Frankenstein*.
L’intrigue s’ouvre dans une ambiance onirique et sombre, où Mary Shelley, décédée, prend possession d’Ida, une prostituée des années 1930 à Chicago, pour achever son roman inachevé. Buckley incarne les deux personnages avec une virtuosité déconcertante : voix rauque et théâtrale pour Shelley, accent traînant du Midwest pour Ida, avant que la possession ne brouille les frontières entre les deux identités. Ses monologues, ponctués de cascades verbales dignes d’un dictionnaire des synonymes en crise, en font une performance aussi épuisante qu’hypnotique.
Entre possession et rébellion : une réécriture audacieuse du mythe
La réanimation d’Ida, devenue Penelope puis *The Bride!*, s’accompagne d’une métamorphose physique et psychologique radicale. Animatée par un fluide noir jaillissant de sa bouche, elle incarne une créature à la fois sensuelle et monstrueuse, aux tatouages provocants et aux lèvres noires. Christian Bale, sous le nom de Frank, incarne un monstre plus romantique que brutal, obsédé par une star de cinéma et tiraillé entre solitude et désir de connexion. Leur relation, aussi chaotique que poétique, bascule dans une romance aussi imprévisible que les choix narratifs du film.
L’échec commercial interroge : l’audace a-t-elle un prix
**« Ce film vous hantera-t-il ou vous lassera-t-il ? »** La question reste ouverte, tant *The Bride!* cultive une ambiguïté assumée. Entre clins d’œil à *Frankenstein* de James Whale, références à *Young Frankenstein* et emprunts à *Poor Things* de Yorgos Lanthimos, Gyllenhaal signe une œuvre qui refuse les compromis. Le résultat, à la fois fascinant et agaçants, interroge : jusqu’où peut-on pousser l’audace au cinéma sans perdre le spectateur ? Un débat qui, lui aussi, divise autant que le film lui-même.
- New York Post
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