André Cerdini, ancien président de la cour d’assises du Rhône, est décédé lundi à l’âge de 96 ans. Ce magistrat lyonnais avait dirigé en 1987 le premier procès pour crime contre l’humanité en France, condamnant Klaus Barbie à la perpétuité.
Maître Jean-Olivier Viout, adjoint au procureur général à l’époque, a salué un « grand humaniste » dont la « délicatesse avec les victimes a contribué à la sérénité du procès Barbie ».
Un procès historique pour la justice française
Le procès de Klaus Barbie, surnommé le « boucher de Lyon », reste l’un des moments les plus marquants de l’histoire judiciaire française. En juillet 1987, la justice française se prononçait pour la première fois sur un crime contre l’humanité, condamnant l’ancien chef de la Gestapo lyonnaise à la réclusion criminelle à perpétuité.
Au terme de huit semaines de débats devant la cour d’assises du Rhône, Klaus Barbie, alors âgé de 73 ans, était reconnu coupable d’avoir organisé la déportation de centaines de Juifs. Parmi les faits retenus figuraient notamment la rafle des 44 enfants du pensionnat d’Izieu, dans l’Ain, le 6 avril 1944.
Les débats, filmés pour les archives et suivis par les médias internationaux, s’étaient tenus dans la salle des pas perdus du palais de justice de Lyon. Plus de 700 personnes, dont journalistes, victimes et avocats, avaient assisté aux audiences dans un espace spécialement aménagé.
Près de 90 rescapés des camps de concentration avaient témoigné lors du procès. Des femmes juives ou résistantes avaient décrit les actes de torture subis avant leur déportation, apportant une dimension humaine et poignante aux débats.
Les échanges avaient permis d’éclairer la notion de crime contre l’humanité, imprescriptible depuis la loi du 26 décembre 1964. Cette procédure judiciaire avait ainsi marqué un tournant dans la reconnaissance des crimes nazis en France.
Le rôle central des témoignages
Les débats avaient permis de mieux définir la notion de crime contre l’humanité, imprescriptible depuis la loi du 26 décembre 1964, contrairement aux crimes de guerre.
- BFMTV
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