L’enquête préliminaire de la police israélienne révèle que l’émeute qui a visé mercredi le domicile du vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, dans l’implantation d’Alon Shvut en Cisjordanie, était un projet prémédité de violence. Selon des informations rapportées samedi par la chaîne N12 et citées par un haut responsable de l’enquête, les assaillants ultra-orthodoxes avaient pour objectif d’agresser physiquement le magistrat, alors que lui et son épouse se trouvaient sur place. La dispersion par une importante force anti-émeute a évité le pire, précise la source.

Une organisation méthodique

Les images recueillies après les faits montrent l’ampleur des dégâts : vitres brisées, pare-brise d’un véhicule fracassé dans le garage, ainsi qu’un drapeau israélien modifié où une croix gammée a remplacé l’étoile de David. Les émeutiers, arrivés par plusieurs bus, ont utilisé des fausses cartes d’identité pour tenter de semer la confusion et entraver leur arrestation, selon le reportage de N12.

La police a procédé à 62 interpellations liées à ces violences, qui s’inscrivent dans une série de manifestations hostiles aux forces de l’ordre depuis l’arrestation de réfractaires à la conscription ultra-orthodoxes. « Nous savons qui est le meneur et qui les a dirigés, et nous les retrouverons », a affirmé la source citée par N12. Les audiences de mise en détention provisoire de 55 des personnes arrêtées doivent se tenir dimanche.

La conscription, pomme de discorde

Cette émeute n’est pas un cas isolé. Vendredi soir, d’autres groupes haredim ont tenté de forcer l’entrée du commissariat du Russian Compound à Jérusalem, sans succès. Aucune arrestation n’a été enregistrée dans la capitale ni à Beit Shemesh, où des manifestants s’en sont violemment pris aux forces de l’ordre.

« Ce sont des personnes venues pour provoquer un pogrom et repartir ». Un haut responsable de l’enquête sur l’émeute contre Noam Sohlberg.

Le contexte est marqué par une tension persistante autour de la question de la conscription des ultra-orthodoxes. En avril, la Haute Cour a ordonné au gouvernement d’appliquer des sanctions économiques et pénales contre les réfractaires, estimant que les mesures coercitives n’étaient pas suffisamment appliquées. Une décision rendue en 2024 avait déjà révoqué les exemptions dont bénéficiaient ces hommes depuis des décennies.

La sensibilité de ce dossier s’est accrue depuis les combats menés par Israël après le pogrom du Hamas le 7 octobre 2023. L’armée a alerté à plusieurs reprises sur une pénurie critique de personnel, risquant de provoquer « l’effondrement » de ses réserves si le projet de loi sur la conscription n’avance pas rapidement. Le niveau d’épuisement des troupes aggrave la situation.

La Cour suprême israélienne a brisé un tabou en 2024 : l’exemption des ultra-orthodoxes n’est plus intouchable.

Les manifestations haredim contre la conscription se multiplient depuis des années. Les arrestations de réfractaires déclenchent systématiquement des violences, malgré les efforts législatifs pour pérenniser leur exemption. La Cour suprême, en invalidant ces privilèges, a forcé le gouvernement à revoir sa politique sous la pression des institutions judiciaires.

Un contexte sécuritaire sous tension

Les autorités israéliennes disposent désormais d’éléments concrets pour identifier les organisateurs de cette tentative d’agression. La police promet de traquer les meneurs, tandis que les audiences de détention provisoire devraient permettre d’éclaircir les responsabilités individuelles. L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue du réseau derrière ces violences organisées.

Sources :
  • Times of Israel

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