Les rayons des pharmacies et les écrans publicitaires regorgent désormais de produits promettant une vieillesse éternelle. Compléments alimentaires, dispositifs high-tech, régimes miracles : la longévité s'est transformée en marché juteux où se bousculent des acteurs aux compétences médicales souvent inexistantes. Derrière les étiquettes aguicheuses se cache une réalité bien moins reluisante, selon le docteur Christophe de Jaeger, figure reconnue dans le domaine du vieillissement.
Le marché juteux de l'éternelle jeunesse
Ce dernier dénonce une dérive généralisée où la science, discipline exigeante et rigoureuse, se retrouve éclipsée par des discours simplistes et des promesses commerciales. « La longévité n'est pas un produit de consommation », rappelle-t-il. Pourtant, les allégations se multiplient, portées par des influenceurs, des start-up et même certains professionnels de santé sans spécialisation avérée en gériatrie ou en biologie du vieillissement.
Des promesses sans fondement scientifique
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le marché mondial de la longévité devrait peser plus de 600 milliards de dollars d'ici 2025, selon des estimations récentes. Une manne financière qui attire autant les investisseurs que les charlatans, prêts à exploiter la peur du déclin physique lié à l'âge. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène, diffusant des recettes miracles à des millions d'internautes en quête de solutions rapides.
Le docteur de Jaeger pointe du doigt l'absence de cadre réglementaire strict pour encadrer ces pratiques. « Aujourd'hui, n'importe qui peut se prétendre expert en longévité », déplore-t-il. Les certifications et diplômes spécifiques, pourtant indispensables pour garantir la fiabilité des informations, restent facultatifs dans de nombreux cas. Résultat : des conseils contradictoires, voire dangereux, circulent librement.
Face à cette situation, il appelle à une prise de conscience collective. Les consommateurs doivent exiger des preuves tangibles avant d'investir dans des solutions coûteuses, souvent inefficaces. Les autorités sanitaires, de leur côté, peinent à suivre le rythme effréné de cette industrie en pleine expansion. Les contrôles, lorsqu'ils existent, interviennent trop tard, une fois les dommages éventuels causés.
La régulation en retard sur l'explosion commerciale
Pour le médecin, la solution passe par un retour aux fondamentaux : une approche médicale personnalisée, basée sur des données scientifiques solides. « La longévité n'est pas une question de pilules ou d'appareils, mais de prévention, d'hygiène de vie et de suivi médical régulier », insiste-t-il. Une vision qui contraste avec les discours simplistes dominant le marché.
- Le JDD
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