La capitale espagnole déploie une solution innovante pour préserver ses espaces verts. Une vaste réseau de capteurs acoustiques, couplé à des algorithmes d’intelligence artificielle, écoute en temps réel les chants des oiseaux et les ultrasons des chauves-souris. L’objectif est clair : évaluer l’état de santé des écosystèmes urbains avec une précision inédite.

À ce jour, le système a déjà enregistré plus de 12 000 observations dans deux parcs majeurs de la ville : Madrid Río, le long du fleuve Manzanares, et Valdebebas, au nord-est de la capitale. Ces données, analysées en continu, permettent aux autorités de détecter d’éventuels déséquilibres dans la faune locale avant qu’ils ne deviennent critiques.

Une technologie au service de la nature urbaine

Les capteurs, installés à différents points stratégiques, captent non seulement les sons audibles, mais aussi les fréquences ultrasonores inaudibles pour l’oreille humaine. Les chauves-souris, par exemple, émettent des signaux spécifiques selon leur espèce et leur état de santé. Leur présence ou leur absence devient ainsi un indicateur fiable de la qualité de l’environnement.

Les oiseaux et les chauves-souris deviennent les nouveaux thermomètres des parcs madrilènes.

Les algorithmes d’IA, formés pour reconnaître les sons et les associer à des espèces précises, transforment ces données brutes en informations exploitables. « Nous pouvons suivre l’évolution des populations d’oiseaux et de chauves-souris sur plusieurs années », explique un responsable municipal. Ces espèces, sensibles aux polluants et aux perturbations humaines, servent de sentinelles pour les écosystèmes.

Madrid n’est pas la seule ville européenne à adopter cette approche. D’autres métropoles, comme Barcelone ou Berlin, expérimentent des systèmes similaires pour surveiller leur biodiversité urbaine. Mais la capitale espagnole se distingue par l’ampleur du déploiement et la rapidité des analyses.

L’intelligence artificielle transforme le chant des oiseaux en données vitales pour l’écosystème.

À terme, ces données pourraient orienter les politiques publiques en matière d’aménagement urbain et de gestion des espaces verts. Réduire la pollution sonore, limiter l’usage des pesticides ou planter des espèces végétales adaptées figurent parmi les leviers envisagés pour préserver ces écosystèmes fragiles.

Des capteurs pour décrypter le langage des chauves-souris

Les résultats obtenus jusqu’ici montrent déjà une corrélation entre la diversité des sons enregistrés et la qualité de l’air dans les parcs. Une découverte qui pourrait inspirer d’autres villes à travers le monde.

Sources :
  • La Razón

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