Devant les drapeaux américains, la Première dame des États-Unis a choisi un cadre symbolique pour ses déclarations : le même pupitre où son époux, le président Donald Trump, s’était exprimé à peine une semaine plus tôt sur la crise iranienne. Pourtant, l’objet de son discours n’avait rien à voir avec les tensions géopolitiques. Avec une fermeté rare, Melania Trump a balayé d’un revers de main les allégations infondées qui l’associent au défunt Jeffrey Epstein. "Les mensonges qui me lient à Jeffrey Epstein doivent cesser aujourd’hui", a-t-elle lancé, marquant ainsi un tournant dans une affaire qui hante depuis des années les cercles du pouvoir américain.
Contrairement à l’image d’une Première dame discrète et calculatrice, cette prise de parole improvisée a immédiatement captivé l’attention des médias nationaux. Les chaînes d’information en continu ont interrompu leurs programmes sur l’Iran pour couvrir l’événement, signe de l’importance accordée à ses propos. Dans un communiqué préparé, elle a réaffirmé n’avoir jamais entretenu de relation avec Epstein ni avec Ghislaine Maxwell, ni n’avoir été présentée à son mari par l’intermédiaire de ce dernier. Elle a également révélé son ignorance des crimes commis par le milliardaire new-yorkais avant son décès en prison, tout en appelant à des auditions publiques au Congrès pour permettre aux victimes de témoigner.
Une déclaration qui bouscule l’administration
Pourtant, la soudaineté de cette intervention soulève des interrogations. Pourquoi maintenant, alors que les rumeurs circulent depuis des années et que ses avocats ont toujours répondu aux sollicitations ? L’ancienne journaliste d’investigation Vicky Ward, qui suit l’affaire Epstein depuis des décennies, s’étonne de cette prise de position tardive. "Si Melania Trump avait agi il y a un an, en exigeant des auditions pour les victimes, nous aurions accueilli cette initiative avec bien plus d’enthousiasme", estime-t-elle. Les fichiers judiciaires liés à Epstein contiennent peu de traces de la Première dame, à l’exception d’un courriel anodin adressé à Ghislaine Maxwell, ce qui laisse perplexes les observateurs quant à ses motivations.
La réaction des victimes a été immédiate et cinglante. Treize d’entre elles, dont la famille de Virginia Roberts Giuffre, ont publié un communiqué accusant Melania Trump de détourner l’attention des responsabilités institutionnelles. "Demander davantage aux victimes sous couvert de politisation n’est pas de la justice, mais une manœuvre pour protéger les puissants", dénoncent-elles, visant explicitement le ministère de la Justice et l’administration Trump, toujours accusée de bloquer la transparence sur les documents liés à l’affaire. Le président Donald Trump a lui-même ajouté à la confusion en déclarant ne pas avoir été informé à l’avance de cette déclaration, alors que son équipe avait initialement indiqué le contraire.
Les victimes dénoncent une manœuvre politique
Pourquoi cette rupture publique ?
- BBC News
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