Lors d’une visioconférence, 700 employés de Covalen, société sous-traitante de Meta basée en Irlande, ont été informés de leur licenciement. Parmi eux, 500 étaient des annotateurs chargés de modérer et d’étiqueter les contenus publiés sur les plateformes du géant américain. Selon le Syndicat des travailleurs de la communication (CWU), ces suppressions de postes réduiront les effectifs de Covalen de près de moitié.
Les employés concernés n’ont pas eu la possibilité de poser des questions lors de l’annonce. Une clause contractuelle interdit même aux licenciés de postuler chez un autre sous-traitant de Meta pendant six mois. Meta évoque une « baisse de la demande et des besoins opérationnels » pour justifier cette décision, mais la réalité est ailleurs.
Un licenciement annoncé sans possibilité de dialogue
Dans un communiqué, Erica Sackin, porte-parole de Meta, a été plus transparente : « Comme nous l’avons indiqué en mars, Meta déploiera au cours des prochaines années des systèmes d’IA plus avancés afin de transformer notre approche en matière de modération et d’exploitation des contenus sur l’ensemble de nos plateformes, et ainsi garantir la sécurité et la protection attendues par les utilisateurs. Ce faisant, nous réduirons notre dépendance aux prestataires tiers et renforcerons nos systèmes internes ».
Le travail des annotateurs licenciés consistait notamment à tester les limites des modèles d’IA en se faisant passer pour des internautes malveillants. Nick Bennett, employé chez Covalen, décrit cette mission comme « épuisante » : « On passe ses journées à se faire passer pour un pédophile ».
Ces suppressions de postes s’inscrivent dans une stratégie plus large de Meta visant à automatiser toujours davantage ses processus. L’entreprise mise sur l’intelligence artificielle pour remplacer les tâches humaines, y compris dans des domaines sensibles comme la modération des contenus. Une transition qui interroge sur l’avenir du travail humain dans l’industrie technologique.
Les employés licenciés ne sont pas les seuls concernés. Covalen, déjà fragilisée par ces suppressions, voit ses perspectives d’avenir se réduire. La société, spécialisée dans la modération de contenus, pourrait devoir revoir son modèle économique face à la concurrence accrue des solutions automatisées.
L'IA, nouvelle reine de la modération des contenus
Meta n’est pas le seul géant technologique à opérer ce type de transition. D’autres entreprises du secteur misent également sur l’IA pour optimiser leurs processus, au détriment parfois des emplois humains. Une tendance qui soulève des questions sur l’équilibre entre innovation et préservation des métiers traditionnels.
- 01net
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