Le cauchemar est devenu réalité pour les 149 passagers et les 57 membres d'équipage du MV Hondius, un navire d'expédition bloqué dans l'Atlantique, au large des îles du Cap-Vert. Trois passagers sont déjà morts et deux marins, dont un Britannique, luttent contre une forme sévère de hantavirus. Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, ce virus tue près de 40 % des personnes infectées.

Les hantavirus se transmettent par les rongeurs, via leurs excréments, leur salive ou leur urine. Les symptômes vont de simples maux grippaux à des atteintes respiratoires graves ou des hémorragies internes. À bord d'un navire où les espaces sont confinés et partagés, la promiscuité accélère la propagation des virus. Le MV Hondius, exploité par la société néerlandaise Oceanwide Expeditions, compte également 13 guides à bord, mais ses installations médicales restent limitées.

Un virus mortel dans un espace confiné

Sous la supervision de l'American College of Emergency Physicians et de l'association internationale des croisières CLIA, tous les paquebots océaniques doivent disposer en permanence de personnel médical formé aux urgences. Les navires les plus grands disposent d'équipements permettant des interventions mineures, comme des sutures ou des drainages d'abcès, mais le MV Hondius, avec un seul médecin et deux infirmiers, est loin de posséder de telles capacités.

Les symptômes respiratoires aigus des deux marins, dont l'un est britannique et l'autre néerlandais, nécessitent une prise en charge urgente. Leur évacuation vers la terre ferme est en cours, mais les conditions météo et la distance compliquent l'opération. Les virus et bactéries se propagent rapidement dans les espaces clos des navires, surtout lorsque les passagers, souvent âgés, ont des systèmes immunitaires fragilisés.

Pour limiter la propagation, Oceanwide Expeditions a instauré des mesures strictes : confinement des passagers dans leurs cabines, hygiène renforcée et surveillance médicale accrue. « Des mesures préventives strictes sont mises en œuvre à bord, incluant l'isolement, les protocoles d'hygiène et la surveillance médicale », a déclaré la compagnie.

Le MV Hondius transportait 2 589 passagers et 1 041 membres d'équipage, dont 77 Britanniques, lors de son départ en janvier. Un mois plus tard, le navire Diamond Princess, affrété par une autre compagnie, était frappé par une épidémie de Covid-19 avec 712 cas confirmés et 14 morts, devenant le symbole des risques sanitaires en mer. Les décès à bord restent rares mais traumatisants. Les compagnies maritimes utilisent des codes pour annoncer ces drames : « Operation Bright Star » pour une urgence médicale, « Operation Rising Star » pour un décès, ou simplement « Alpha » sur Ambassador Cruises.

On estime à environ 200 le nombre de décès annuels sur les croisières, principalement dus à des AVC, des infarctus ou des traumatismes liés à des chutes. Chaque navire dispose d'une morgue, généralement conçue pour cinq corps, mais celle du MV Hondius est probablement plus modeste. Le premier passager est décédé le 11 avril, mais son corps n'a été débarqué que 23 jours plus tard sur l'île de Sainte-Hélène. Sa veuve, débarquée en même temps, est morte trois jours après.

Morgues saturées et rapatriements coûteux

Un troisième passager, allemand, est décédé le 2 mai. Son corps repose désormais dans la morgue du navire. « Je ne sais pas quelle est la capacité de la morgue à bord », a déclaré une porte-parole. « C'est une situation très difficile, mais nous la gérons du mieux possible. Nous n'envisageons pas d'accoster avant demain.

Sources :
  • Daily Mail

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