Alexandria Ocasio-Cortez a opposé une fin de non-recevoir cinglante lorsqu’un journaliste l’a interrogée sur la candidature de son ancien collaborateur, Saikat Chakrabarti. Le jeune homme, qui fut son chef de cabinet pendant sept mois en 2019, a fait de son lien avec la figure progressiste une arme électorale en apposant son visage sur des affiches et en revendiquant la paternité du Green New Deal, un texte pourtant rejeté par le Congrès en 2019. "Je ne ferai aucun commentaire sur cette élection", a déclaré sans détour la députée du Bronx, coupant net toute velléité de clarification.

Chakrabarti, âgé de 40 ans, milliardaire autodidacte issu de Harvard et ancien organisateur de la campagne de Bernie Sanders, a investi près de cinq millions de dollars de sa poche pour briguer le siège de Nancy Pelosi, qui se retire. Ses déclarations sur les réseaux sociaux laissent peu de place au doute quant à l’utilisation stratégique de son association avec Ocasio-Cortez : "Tout ce que j’ai appris en travaillant avec Bernie et AOC, c’est qu’il faut oser", a-t-il écrit sur X. Dans un autre message, il se présentait comme un représentant idéal pour San Francisco, aux côtés d’Ocasio-Cortez, afin de "construire une société qui fonctionne pour tous".

Un ancien allié devenu rival encombrant

Le passé de Chakrabarti au sein de l’équipe d’Ocasio-Cortez reste marqué par des tensions. Selon plusieurs médias, il s’était illustré par des attaques virulentes contre ses collègues démocrates, accusant certains de racisme dans des tweets enflammés, et critiquant ouvertement la direction de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants. Don Ford, militant progressiste ayant travaillé sur la campagne d’Ocasio-Cortez en 2018, rappelle qu’une enquête de la Commission électorale fédérale avait ciblé Chakrabarti en 2019 pour avoir détourné près d’un million de dollars vers des sociétés qu’il contrôlait. L’affaire avait été classée sans suite.

Interrogée une nouvelle fois sur sa relation avec son ancien collaborateur, Ocasio-Cortez a maintenu sa position : "Je ne commenterai rien à ce sujet", a-t-elle répondu avec une froideur calculée. De son côté, Chakrabarti n’a pas réagi aux propos de son ex-employeuse. La course pour le siège de San Francisco s’annonce d’ores et déjà comme l’une des plus coûteuses de l’histoire, avec des candidats tels que l’élue d’État Scott Wiener, la superviseure Connie Chan et l’avocate Marie Hurabiell.

Des ambitions électorales sous haute tension

Cette affaire révèle les fractures au sein du camp démocrate, où les ambitions personnelles et les rivalités stratégiques s’entremêlent. Les refus répétés d’Ocasio-Cortez d’aborder le sujet, couplés aux déclarations élogieuses de Chakrabarti, soulèvent des questions sur l’état réel de leurs relations. Une chose est certaine : cette campagne électorale, financée massivement par un candidat fortuné, illustre la professionnalisation croissante de la politique américaine, où l’argent et les réseaux d’influence deviennent des leviers incontournables. Les électeurs de San Francisco devront trancher entre des profils aux parcours aussi éclatants que contrastés.

Sources :
  • New York Post

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