Les mozos entonnaient déjà le premier chant à San Fermín dès l’aube : « À San Fermín nous prions, car il est notre patron, qu’il nous guide dans l’encierro en nous accordant sa bénédiction ». Comme chaque 7 juillet, l’hymne est avancé d’une jota, marquant le coup d’envoi d’une journée où la ferveur populaire le dispute à l’émotion des souvenirs. Six taureaux de la divisa gaditana de Fuente Ymbro attendaient dans les corrales, prêts à défiler dans les ruelles pavées avant d’être combattus en fin d’après-midi. Leur nom résonne comme un hommage à Alfonso Vázquez, l’ancien mayoral disparu, dont l’œuvre perdure à travers ces bêtes au galop joyeux et déterminé.
Les tribunes de la Monumental vibraient déjà sous les premiers baisers échangés entre spectateurs, tandis que les coureurs se précipitaient vers leurs positions. Dix minutes seulement séparaient le public de l’adrénaline : « Uff . » Le dispositif sanitaire, déployé en urgence, veillait sur chaque spectateur. La municipalité, fidèle à la tradition, effectuait le paseíllo pour vérifier l’étanchéité des barrières. Dans l’arène, les chants au saint avaient déjà commencé, portés par des voix qui mêlaient ferveur et nervosité.
Un héritage taurin sous le soleil de juillet
Les minutes filaient, et l’appréhension montait. Hemingway, dont le centenaire de Fiesta est célébré cette année, aurait reconnu dans ces ruelles bondées l’âme même de la fête : des coureurs courant comme des démons, convaincus que le taureau ne les rattrapera pas. L’écrivain savait mieux que quiconque que cette folie collective, où chacun se croit immortel l’espace de quelques secondes, est indissociable de l’identité des Sanfermines. La police nettoyait méthodiquement les différents tronçons du parcours, tandis que les bergers prenaient leur poste pour que, au moment du chupinazo, seuls les coureurs aguerris restent en lice.
Le corps à l’épreuve : les coureurs s’échauffaient en silence, muscles tendus, prêts à encaisser les 875 mètres de chaos. L’année précédente, la ganadería Fuente Ymbro avait offert un encierro chaotique ; l’espoir était de taille pour cette édition. Leurs taureaux, réputés pour leur départ foudroyant et leur galop joyeux, promettent une course spectaculaire. Les bergers, véritables gardiens de l’ordre, défilaient sous les applaudissements, leur rôle étant crucial pour éviter les drames. Les bénévoles de la Croix-Rouge, toujours aux aguets, complétaient ce ballet organisé où chaque détail comptait.
Les 875 mètres du parcours s’articulent en plusieurs tronçons mythiques : la côte de Santo Domingo, l’hôtel de ville, la rue Mercaderes, Estafeta, la courbe de Telefónica, le tunnel d’entrée de la plaza, l’arène, et enfin la porte des corrales. Chaque mètre respire l’histoire, chaque pierre porte l’écho des éditions passées. La comitiva de San Fermín s’ébranlait alors, la statue du saint entamant son chemin vers sa niche, tandis que les derniers spectateurs s’entassaient derrière les barrières, certains grimpant sur les clôtures pour une vue imprenable.
Les taureaux de Fuente Ymbro, calmes dans les enclos, semblaient déjà pressentir l’appel du départ. Les rues, saturées de rouge et blanc, ne laissaient plus une place libre : balconades bondées, trottoirs noirs de monde, et cette chaleur humaine qui fait la singularité de Pamplona. La plaza de toros affichait complet dès 7 heures, et les ruelles adjacentes, comme Estafeta ou l’hôtel de ville, bruissaient d’une excitation palpable. En 2025, le temps record avait été de 2 minutes et 37 secondes. La question était sur toutes les lèvres : parviendraient-ils à battre ce chrono ?
Fanfarrón, numéro 30, noir bragado meano, 585 kilos. Pour les néophytes, rappel : 875 mètres à parcourir, une durée oscillant entre deux et trois minutes, sous une température idéale de 20 degrés. Les rues du centre-ville, drapées de rouge et blanc, reflétaient l’enthousiasme général. Les participants, vêtus aux couleurs de la fête, attendaient le signal. Les taureaux de Fuente Ymbro, premiers de l’édition 2026, avaient pour mission de lancer la saison sous les meilleurs auspices. Le premier encierro de San Fermín était enfin là, et avec lui, l’assurance que la tradition, malgré les années, n’avait rien perdu de sa force.
Le parcours, un chemin pavé de mémoire
Les bergers, garants de la sécurité, prenaient place entre les cris de joie de la foule. Leur rôle, souvent sous-estimé, est pourtant vital : ils maintiennent l’ordre, canalisent les bêtes, et évitent que la course ne dégénère. Les volontaires de la Croix-Rouge, reconnaissables à leurs brassards, quadrillaient le parcours, prêts à intervenir en cas de besoin. La police procédait à ses vérifications finales, balayant les dernières traces de spectateurs égarés. Plus que quelques instants avant le coup de feu. Les taureaux, impatients, sentaient l’odeur de la poudre et du public en liesse.
- ABC España
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