L’histoire de la médecine regorge de pratiques aujourd’hui impensables. Parmi elles, la chirurgie de la cataracte, longtemps pratiquée sans anesthésie ni précaution moderne. L’aiguille dans l’œil : voilà la technique qui a dominé pendant des millénaires.
Les premières traces de cette intervention remontent à l’Égypte antique, vers 1500 avant notre ère. Les médecins utilisaient alors un outil pointu, appelé couching needle, pour déplacer le cristallin opaque. L’opération, réalisée à vif, provoquait des douleurs atroces et des risques d’infection élevés.
Une intervention millénaire et sans pitié
En Inde, au Ve siècle, le chirurgien Sushruta décrivait déjà cette méthode dans ses écrits. Il recommandait de percer la sclérotique avec une aiguille recourbée, puis de pousser le cristallin vers le bas. Les résultats étaient aléatoires : certains patients retrouvaient une vision partielle, d’autres perdaient définitivement la vue.
Au Moyen Âge, la technique s’est répandue en Europe, où elle était souvent pratiquée par des barbiers-chirurgiens. L’intervention, appelée couching, se déroulait sans stérilisation ni désinfection. Les patients, souvent des personnes âgées, subissaient l’opération dans des conditions d’hygiène déplorables.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que des avancées ont été réalisées. Le Français Jacques Daviel a introduit une méthode plus sûre, consistant à extraire le cristallin plutôt qu’à le repousser. Mais il a fallu attendre le XXe siècle pour voir apparaître les premières lentilles intraoculaires, révolutionnant le traitement de la cataracte.
Aujourd’hui, la chirurgie de la cataracte est une procédure courante, réalisée sous anesthésie locale et en quelques minutes. Les implants souples, introduits dans l’œil, permettent une récupération rapide et une vision restaurée dans la plupart des cas. Une avancée technologique qui contraste avec les méthodes d’autrefois.
Le tournant des lentilles modernes
Pourtant, ces techniques rudimentaires ont permis à des millions de personnes de retrouver une partie de leur vision. Malgré leur brutalité, elles ont posé les bases de la médecine ophtalmologique moderne.
- Science & Vie
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