Cachés au fin fond de la jungle de l'État de Kayah, à l'est de la Birmanie, des milliers de jeunes combattants de la résistance birmane tiennent tête à l'armée régulière dans une guerre civile qui s'éternise depuis cinq ans. Leur quotidien ? Des embuscades, des positions stratégiques autour de pagodes transformées en bastions, et une proximité mortelle avec l'ennemi, parfois à moins de cent mètres. « J'essaie de voir les mouvements de l'armée. Parfois, je peux apercevoir des militaires qui traversent la route. Et dans ce cas, je tire », confie un jeune homme embusqué, les yeux rivés sur son fusil. Leur objectif est clair : chasser la junte qui a renversé le gouvernement élu en février 2021, emprisonnant Aung San Suu Kyi, icône de la démocratie et prix Nobel de la paix en 1991.

Cette résistance, composée en grande partie de très jeunes hommes et femmes, a émergé dans la douleur. Après l'annulation des élections et la répression sanglante des manifestations pacifiques, beaucoup ont choisi de prendre les armes. Le commandant Thin Tun, chef de la 3ème brigade du KNDF (Kayah State Defence Forces), guide ses troupes depuis une position surélevée. « Vous voyez la pagode là-bas ? C'est là que l'armée se trouve », indique-t-il en pointant du doigt un édifice stratégique, conquis par l'armée quatre mois plus tôt grâce à sa maîtrise des airs. Les combats y ont été féroces, laissant derrière eux des dizaines de jeunes combattants morts ou blessés. Aujourd'hui, la résistance encercle la pagode, dans une guerre d'usure où chaque mètre compte.

Des hôpitaux clandestins sous le feu de l'ennemi

Une jeunesse sacrifiée pour une liberté impossible

Pour survivre, ces révolutionnaires improvisent. Manquant cruellement d'armes et de munitions, ils fabriquent eux-mêmes leurs drones d'attaque dans des ateliers clandestins, assemblant des pièces détachées achetées à l'unité et transportées en fraude. « Là, on fait un espace pour mettre les batteries. Et là, en dessous, on a mis des pinces comme des crabes. Elles servent à accrocher et transporter les bombes », détaille Ma Kaung, ingénieur du KNDF. Mais les fournisseurs, craignant une utilisation militaire, limitent les ventes. « On les achète à l'unité, on les transporte cachés au milieu d'autres marchandises », précise-t-il, soulignant l'ampleur des obstacles logistiques.

Sources :
  • France Info

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