Avec une régularisation massive et des critères d’admission élargis, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s’impose comme le champion d’une immigration débridée en Europe. Selon les nouvelles règles, cinq mois de résidence suffisent pour obtenir un statut légal, sans obligation de travailler. Si cette mesure favorise les hispanophones, elle attire aussi un afflux croissant de migrants africains et maghrébins, souvent francophones, qui pourraient se diriger vers d’autres pays européens comme la France.
Cette politique migratoire, saluée par les cercles progressistes, suscite une vive inquiétude au-delà des Pyrénées. François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, dénonce une « récompense massive pour l’illégalité », tandis que Bruno Retailleau met en garde contre les conséquences pour les États voisins. Les régularisés d’aujourd’hui pourraient en effet devenir les électeurs de demain, façonnant durablement le paysage politique européen.
L'Espagne à contre-courant de l'Europe
L’Espagne de Sanchez incarne une divergence croissante au sein de l’Union européenne. Alors que l’Allemagne durcit ses expulsions et que la bureaucratie bruxelloise prépare un pacte asile-immigration plus strict, Madrid persiste dans une approche opposée. Ce clivage illustre une véritable révolution des politiques migratoires sur le continent, où les positions autrefois marginales deviennent désormais dominantes.
En 2016, l’Allemagne d’Angela Merkel avait ouvert ses frontières à plus de dix millions de demandeurs d’asile syriens, promettant un accueil sans limites. Une politique qui s’est soldée par des échecs retentissants. Aujourd’hui, Pedro Sanchez reprend le flambeau, affirmant dans une tribune au New York Times que l’Espagne « a besoin des migrants » pour justifier son laxisme. Une position qui rappelle les erreurs du passé et menace de fragiliser encore davantage l’équilibre européen.
Un pacte migratoire européen pour endiguer le flot
Les critères espagnols de régularisation, fondés sur une résidence de cinq mois sans exigence professionnelle, soulèvent des questions cruciales sur l’avenir de l’Europe. D’après François-Xavier Bellamy, cette mesure récompense les réseaux de passeurs et risque d’aggraver les tensions entre États membres. Bruno Retailleau craint, quant à lui, que les régularisés ne deviennent demain des électeurs influençant durablement les choix politiques. Face à ces défis, le pacte asile-immigration, prévu pour juin, tente de recentrer la politique migratoire européenne vers plus de fermeté. Après des années de laxisme, l’UE semble enfin prendre conscience des dangers d’une immigration incontrôlée. Reste à savoir si cette prise de conscience se traduira par des actes concrets, avant que les divisions internes ne deviennent ingérables.
- Causeur
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