L’Europe doit se préparer à une éventuelle désaffection américaine. Anders Fogh Rasmussen, qui a dirigé l’Alliance atlantique de 2009 à 2014, en est convaincu. Dans un plaidoyer publié ce mardi, l’ancien diplomate danois exhorte le continent à se réorganiser militairement sans attendre. Son analyse repose sur un constat : l’engagement des États-Unis en Europe n’est plus aussi certain qu’avant.

Pour combler ce vide, il propose la création d’une « Otan européenne ». Ce dispositif serait piloté conjointement par Paris et Londres, les deux capitales disposant des moyens militaires et industriels les plus solides du continent. Rasmussen insiste sur la nécessité d’agir vite, afin de renforcer les capacités de défense européennes avant qu’une crise ne survienne. « L’Europe ne peut plus compter sur les États-Unis pour sa sécurité », martèle-t-il.

Un projet porté par deux capitales clés

L’ancien secrétaire général de l’Otan ne se contente pas de critiquer. Il détaille un plan en trois axes. D’abord, mutualiser les budgets de défense des États membres pour éviter les doublons coûteux. Ensuite, développer une industrie européenne de l’armement capable de rivaliser avec les géants américains et chinois. Enfin, renforcer la coopération opérationnelle entre les armées du continent, notamment via des exercices communs et des unités interalliées.

Rasmussen n’est pas le seul à tirer la sonnette d’alarme. Plusieurs responsables européens, dont des ministres de la Défense, ont récemment évoqué la nécessité d’une autonomie stratégique. Pourtant, les divisions persistent. Certains pays, comme l’Allemagne, freinent des quatre fers face à toute idée d’autonomie militaire, par crainte de fragiliser l’Otan. D’autres, comme la Pologne ou les pays baltes, poussent pour un renforcement immédiat.

L’Europe face à ses divisions persistantes

La France, elle, se positionne en première ligne. Le président a réaffirmé à plusieurs reprises la volonté de Paris de jouer un rôle central dans la défense européenne. Mais l’exécutif reste prudent sur les modalités, craignant de froisser Washington. Le Royaume-Uni, sorti de l’Union européenne, pourrait apporter un soutien logistique et technologique précieux, malgré son statut de partenaire désormais extérieur.

Sources :
  • Le JDD

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO