Une femme, dont l'identité n'est pas divulguée, raconte comment la police a transformé son cauchemar en réalité en laissant Simon Levy, aujourd'hui condamné à une peine de prison à perpétuité, poursuivre ses crimes. Laura avait signalé le prédateur dès 2018, après une agression sexuelle dans le métro londonien. Le système judiciaire a échoué : Levy a été libéré à plusieurs reprises malgré ses antécédents, permettant la mort de deux femmes et de nouvelles agressions.

Laura avait croisé Simon Levy sur la ligne du métro londonien en 2018, alors qu'elle se rendait au carnaval de Notting Hill. Le prédateur l'a suivie jusqu'à l'événement avant de l'agresser sexuellement. En tentant de porter plainte, elle s'est heurtée à un refus des policiers de la Metropolitan Police, arguant être « occupés par des choses plus urgentes ». Une troisième agente a finalement recueilli ses déclarations, mais sans garantir sa sécurité ni rechercher Levy ce jour-là, malgré la remise d'une photo de l'agresseur.

Un parcours criminel sous-estimé

Levi a été condamné en 2021 pour l'agression de Laura et d'une autre victime, mais sa peine de trois ans n'a pas suffi à l'empêcher de récidiver. En 2023, libéré après avoir purgé la moitié de sa peine, il a continué à traquer ses victimes dans les transports en commun, profitant de l'affluence pour commettre de nouvelles agressions. Un officier de probation avait pourtant signalé que des travailleuses du sexe lui proposaient des services, sans que cela n'éveille d'alerte.

Un prédateur libéré à répétition, un système judiciaire en déroute : le cauchemar de Laura est devenu réalité.

Entre 2023 et 2025, Levy a commis au moins six agressions sexuelles dans le métro londonien, dont le viol et la tentative de meurtre d'une prostituée. En août 2025, il a assassiné Carmenza Valencia-Trujillo, retrouvée sans vie dans une cage d'escalier à Southwark. Quatre jours avant son arrestation pour ce meurtre, il affirmait encore aux policiers, lors d'un contrôle de routine, ne jamais sortir de chez lui.

Les dysfonctionnements se sont accumulés : des vérifications d'identité retardées, des libérations sous caution répétées, et des magistrats accordant à nouveau la liberté à Levy malgré les soupçons de meurtre. Laura, qui a découvert par hasard son nom dans la presse en 2024, a réalisé avec horreur que son agresseur était sur le point d'être jugé pour deux meurtres. « S'il avait été poursuivi en 2017, je n'aurais peut-être jamais été agressée », a-t-elle déclaré.

Levy avait déjà été condamné en février 2026 pour 11 agressions sexuelles commises entre 2022 et 2025, une procédure tenue secrète pour ne pas influencer le procès pour meurtre. Le chef de la police métropolitaine a présenté des excuses, reconnaissant que la victime s'était sentie « non soutenue » dans cette affaire.

Deux femmes tuées, des dizaines de victimes : la justice a échoué à protéger.

Les familles des victimes et Laura appellent désormais à une refonte de la prise en charge des violences masculines contre les femmes et les filles. Les dysfonctionnements policiers et judiciaires, selon elles, ont permis à un prédateur de sévir pendant des années, malgré les multiples signaux d'alerte.

Les failles d'un système en échec

Un porte-parole de la Metropolitan Police a déclaré : « Nous regrettons que la victime se soit sentie abandonnée dans cette affaire et mesurons l'impact de cet incident sur elle. Un signalement a été enregistré dès le lendemain, avec une enquête menée pour identifier et arrêter Levy, qui a finalement été condamné.

Sources :
  • Daily Mail

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