Le Festival de l'Eid en plein air, organisé chaque année par l'association musulmane Project Hidayah, devait se tenir samedi dans le parc Hoglands de Southampton. Il a été reporté sine die pour des raisons de sécurité impérieuses, après des heurts meurtriers entre manifestants et forces de l'ordre mardi dernier.

Ces violences ont éclaté à l'issue du procès de Vickrum Digwa, condamné à 21 ans de prison pour le meurtre d'Henry Nowak, 18 ans, poignardé en décembre 2025. Digwa avait affirmé avoir agi en légitime défense après une prétendue agression raciste, alors que les policiers présents ont ignoré les cris du jeune homme étouffant sous les coups.

Une ville sous tension après les émeutes

Les affrontements ont pris une ampleur inédite : bouteilles et briques lancées contre les forces de l'ordre, incendies de poubelles, 11 policiers blessés et des arrestations en cascade. Onze hommes sont désormais poursuivis pour troubles à l'ordre public, dont quatre déjà condamnés.

« La justice a parlé, mais la paix reste à construire. » Tim Tofts, président du Conseil des cultes de Southampton.

Les résidents décrivent un climat de terreur. « Nous nous sommes réveillés avec des vitres brisées et des dégâts matériels partout », témoignent des habitants sous le choc. La peur s'est installée, au point qu'une célébration sikh prévue vendredi a été annulée par précaution.

Les organisateurs du festival insistent sur la priorité donnée à la sécurité : « Après discussions avec les autorités, nous avons pris la décision de reporter l'événement. La protection de nos participants et de la communauté reste notre priorité absolue ». Le festival, à sa dixième édition, est désormais programmé pour le 27 juin.

Les tensions ne se limitent pas à Southampton. À l'échelle nationale, les Sikhs représentent moins de 1 % de la population, mais leur visibilité et leur intégration sont désormais mises à l'épreuve. « Ces communautés sont sous tension, c'est persistant et très préoccupant », confie Tim Tofts, président du Conseil des cultes de la ville.

Les célébrations religieuses reportées par précaution : un symbole de la fracture sociale.

Les autorités appellent au calme. Darren Paffey, député local, a exhorté à éviter toute nouvelle escalade : « Après ce que la ville a traversé, il est temps de se rassembler et de laisser la justice suivre son cours. Je demande à ceux qui veulent attiser la haine de rester chez eux ».

La peur s'installe dans les quartiers

Satvir Kaur, députée d'une autre circonscription de Southampton, dénonce l'instrumentalisation politique de la tragédie : « Politiser la mort d'Henry, alors que sa famille a explicitement demandé de ne pas le faire, est au-delà de l'indigne ».

Sources :
  • Daily Mail

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