L’Organisation maritime internationale (OMI) a gelé jeudi l’évacuation des navires coincés dans le golfe Persique par le détroit d’Ormuz, après qu’un projectile a touché un cargo au large d’Oman. Le passage des tankers par une route alternative, soutenue par l’ONU, est désormais suspendu jusqu’à ce que l’agence puisse garantir la sécurité des navires concernés.

Selon un responsable américain ayant requis l’anonymat, le cargo Ever Lovely a été frappé par un drone de la Garde révolutionnaire iranienne. Deux autres sources américaines ont confirmé à Reuters que l’Iran avait tiré sur le navire, sans que Washington ne réagisse publiquement dans l’immédiat.

Une route alternative sous pression

Téhéran a immédiatement réagi en rappelant que tout transit en dehors des routes qu’il impose ne bénéficierait plus de la garantie de libre passage. Le centre britannique d’opérations maritimes a confirmé que le cargo avait subi des dégâts, mais sans victime ni impact environnemental.

L’Iran transforme le détroit d’Ormuz en zone de non-droit pour imposer sa domination.

Le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a précisé que le navire visé ne faisait pas partie de l’opération d’évacuation. Pourtant, cette frappe illustre la stratégie iranienne de pression sur les routes maritimes, alors que les négociations entre Washington et Téhéran sur un accord de paix interimire piétinent.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en déplacement dans le Golfe pour rassurer les alliés de Washington, a réaffirmé l’engagement des États-Unis envers la nouvelle route et la liberté de transit dans le détroit. « Si cela s’arrête, nous aurons un problème », a-t-il déclaré avant même l’annonce de la frappe.

Le trafic maritime dans le détroit, bien qu’en légère hausse ces derniers jours, reste très inférieur aux niveaux d’avant-guerre. Le prix du baril de pétrole a brièvement chuté sous les 73 dollars, signe d’un apaisement relatif des craintes sur l’approvisionnement énergétique.

40 milliards de dollars par an : le prix de la liberté de navigation selon Téhéran.

Les discussions entre les États-Unis et l’Iran, encadrées par un mémorandum d’entente signé la semaine dernière, doivent aboutir d’ici 60 jours. Pourtant, les deux camps multiplient les déclarations publiques contradictoires, échangeant menaces et annonces de concessions que l’autre dément.

Téhéran impose sa loi maritime

L’Iran a miné le corridor central du détroit après les frappes américaines et israéliennes du 28 février. Au moins une mine a été repérée dans cette zone, autrefois empruntée par un cinquième du trafic pétrolier et gazier mondial.

Sources :
  • Times of Israel

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