Une bagarre opposant deux détenus d'une vingtaine d'années a dégénéré vers 9 heures sur la coursive de la maison d'arrêt numéro 1 de Baie-Mahault, en Guadeloupe. La violence a éclaté devant les cellules, avant la promenade, selon Éric Pétilaire, secrétaire régional de la CGT Pénitentiaire. L'un des détenus était armé d'un couteau à cran d'arrêt, l'autre d'un pic artisanal. Les deux hommes ont perdu beaucoup de sang, et leur pronostic vital était engagé au moment de leur évacuation vers le CHU par le SAMU, a-t-il précisé, sans pouvoir confirmer leur état actuel.
Une violence qui interroge les conditions carcérales
Deux surveillantes ont également été blessées en intervenant dans la rixe : l'une à la cuisse, l'autre au niveau du coude et du doigt. Les détenus, en revanche, ont subi les blessures les plus graves. Une enquête pour « tentative d'homicide » a été ouverte par les autorités.
« Une bagarre d'une violence inouïe », a dénoncé le syndicat FO Justice dans un communiqué. Le syndicat pointe aussi « des conditions de travail de plus en plus difficiles » au sein de l'établissement, où les fouilles révèlent régulièrement la présence d'armes blanches. « Quand vous êtes en surpopulation carcérale, ils cherchent tous à s'armer, c'est la loi de la jungle », a observé Éric Pétilaire.
Fin avril, le tribunal administratif de Basse-Terre avait ordonné des mesures d'urgence à la prison de Baie-Mahault pour remédier à des « conditions indignes de détention ». Cette décision faisait suite à des signalements répétés sur l'état des infrastructures et la gestion des détenus.
Surpopulation et armes : le cercle vicieux
La maison d'arrêt de Baie-Mahault, l'une des principales prisons de Guadeloupe, est régulièrement pointée du doigt pour sa surpopulation et ses tensions internes. Les incidents violents y sont fréquents, reflétant les difficultés structurelles du système pénitentiaire local.
- BFMTV
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