Le vice-président américain JD Vance a finalement quitté Washington samedi après-midi pour rejoindre la Suisse, où il doit diriger une nouvelle série de négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire. Son départ, initialement prévu la veille, a été reporté de 24 heures sans explication officielle. Une équipe iranienne de haut niveau est arrivée sur place samedi, tandis que le Pakistan a indiqué que les discussions débuteraient dimanche. Les négociateurs disposeraient de « quelques jours » pour avancer, selon les déclarations de Vance avant son embarquement à la base militaire de Joint Base Andrews, dans le Maryland.
Une trêve déjà menacée
La délégation iranienne est menée par Mohammad Baqer Qalibaf, négociateur en chef, et comprend le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi ainsi que des responsables sécuritaires, de la banque centrale et du secteur pétrolier. Vance incarne depuis des mois le rôle de principal interlocuteur de Donald Trump dans ces pourparlers, après l’échec des discussions à Islamabad en début d’année. Pourtant, l’atmosphère reste tendue : samedi, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial du pétrole et du gaz.
L’Iran justifie cette mesure par les « crimes israéliens » au Liban et par ce qu’il présente comme une violation américaine des engagements de cessez-le-feu. Les Gardiens de la révolution ont prévenu que tout navire s’approchant du détroit risquait d’être pris pour cible. Pourtant, le commandement central américain (US Central Command) a indiqué que 55 navires marchands avaient transité samedi par le détroit, transportant plus de 17 millions de barils de pétrole vers les marchés mondiaux. Les forces américaines assurent que la liberté de navigation sera maintenue.
Le poids des concessions
Donald Trump a précisé sur les réseaux sociaux que le passage du détroit d’Ormuz resterait gratuit pendant les 60 jours de cessez-le-feu, sauf si Washington décidait d’imposer un péage en cas d’échec des négociations. Vance, interrogé par Fox News, s’est dit confiant dans le maintien de la trêve, affirmant n’avoir « aucune preuve » que le détroit soit effectivement fermé. Pourtant, Mohammad Mokhber, conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, a accusé les États-Unis sur X de ne pas respecter la première clause de l’accord intérimaire de 14 points, qui prévoit notamment un cessez-le-feu « sur tous les fronts », y compris au Liban.
La trêve au Liban apparaît particulièrement fragile. Les frappes israéliennes se sont intensifiées depuis minuit, ciblant notamment la ville de Nabatieh et ses environs. Le Hezbollah, milice soutenue par l’Iran, a riposté. Selon les autorités libanaises, 20 personnes ont été tuées samedi par les bombardements israéliens, quelques heures seulement après l’entrée en vigueur de la trêve. Israël affirme répondre aux attaques du Hezbollah, tandis que le groupe chiite menace de ne pas tolérer « la liberté de mouvement » d’Israël sur le territoire libanais. Israël, exclu des négociations, a réaffirmé qu’il ne faisait pas partie de l’accord États-Unis-Iran et qu’il maintiendrait ses forces dans les zones occupées du Liban.
Vance a défendu publiquement l’accord jeudi à la Maison-Blanche, soulignant que Téhéran devait d’abord respecter les exigences américaines avant que Washington n’accorde des allègements économiques. « À mesure qu’ils améliorent leur comportement, nous pouvons assouplir les sanctions. S’ils reviennent en arrière, nous pouvons les resserrer », a-t-il déclaré. Le vice-président a également mis en garde Israël, dont les frappes contre le Hezbollah ont compliqué les efforts de paix avec l’Iran. Trump, seul dirigeant mondial à soutenir publiquement Israël, a signé l’accord pour éviter une « catastrophe économique » aux États-Unis, alors que la guerre avait fait flamber les prix du pétrole et alimenté l’inflation.
Les marchés financiers ont réagi positivement à l’annonce de l’accord, avec une baisse des prix de l’essence et une hausse des cours boursiers. Pourtant, ces gains pourraient être remis en cause selon l’issue des prochaines discussions. Plus de 12,5 millions de barils de pétrole ont transité par le détroit d’Ormuz mercredi soir, et Vance a estimé que la levée partielle du blocus américain envers l’Iran permettait d’honorer la première partie de l’accord. Le commandement central américain a confirmé que des navires de guerre américains resteraient dans la région pour veiller au respect des engagements.
Un pari diplomatique risqué
L’Iran, de son côté, affirme que la navigation a « normalisé » dans ses ports du sud, tout en précisant que le détroit reste sous contrôle militaire et que tout passage doit être coordonné. Les tensions persistent donc, alors que Vance et son équipe doivent s’installer au luxueux resort de Burgenstock, dans les Alpes suisses, pour des négociations intensives avec les délégués iraniens et les médiateurs pakistanais et qatariens. Ces pourparlers, initialement prévus vendredi, ont été accélérés in extremis après la signature à distance de l’accord par Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian.
- Daily Mail
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