Dans une interview accordée au Los Angeles Times, le cinéaste espagnol Pedro Almodóvar, 76 ans, a exprimé sa déception profonde face à l’absence de protestations politiques lors de la cérémonie des Oscars. Selon lui, les organisateurs n’auraient pas suffisamment mis en avant les causes qu’il défend, notamment la guerre à Gaza ou la figure de Donald Trump.

« Il n’y a pas eu assez de protestations contre la guerre [à Gaza] ou contre Trump », a-t-il déclaré, suggérant que la soirée aurait dû se concentrer davantage sur ses causes militantes que sur le cinéma lui-même. Une prise de position qui interroge sur la place réelle de la politique dans les récompenses hollywoodiennes.

Un cinéma sous influence militante

Pourtant, les images de la soirée contredisent ses propos. Plusieurs personnalités ont arboré des symboles engagés, comme Glennon Doyle avec un sac estampillé « F—k Ice » ou l’actrice Charithra Chandran, vêtue d’une épingle « Artists for Ceasefire ». Des signes visibles d’un engagement qui semble avoir échappé au réalisateur.

« Les Oscars devraient être une célébration du cinéma, pas une tribune politique. »

Almodóvar a salué l’intervention de son compatriote Javier Bardem, qui a scandé « Free Palestine » lors d’un discours. Une séquence qu’il présente comme l’unique moment marquant de la soirée, ignorant délibérément l’omniprésence des messages politiques sur les tapis rouges.

Le cinéaste, qui vit principalement en Espagne, va jusqu’à qualifier les États-Unis de « régime totalitaire ». Une assertion surprenante, alors que l’industrie du divertissement américain multiplie les prises de position contre les politiques migratoires ou les dirigeants en place.

« Les gens ont peur d’ouvrir la bouche », a-t-il affirmé, sans préciser si cette crainte s’appliquait aux critiques envers ses propres idées. Il a également qualifié le pays de « dictature », une déclaration qui contraste avec la réalité d’un système démocratique où les élections présidentielles et les débats politiques restent ouverts.

Hollywood préfère les épingles engagées aux chefs-d’œuvre.

Les exemples de célébrités engagées se comptent par dizaines : Justin Bieber et son épouse portant des épingles « anti-ICE » aux Grammy Awards, Billie Eilish déclarant que « personne n’est illégal sur des terres volées », ou encore Bad Bunny appelant à chasser l’agence d’immigration. Une mobilisation qui semble échapper à Almodóvar.

Les Oscars, miroir des divisions américaines

Pourtant, le réalisateur ignore que la plupart de ces prises de position relèvent davantage d’une stratégie de communication que d’un engagement sincère. Les stars, souvent issues de milieux aisés, n’hésitent pas à dénoncer les inégalités tout en profitant des avantages de leur statut.

Sources :
  • New York Post

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