La donostiarra a foulé à nouveau un plateau espagnol huit ans après son dernier passage solo, mais c'est avec La Oreja de Van Gogh qu'elle a marqué les esprits ce samedi 12 octobre 2024. La salle du Bilbao Exhibition Center, noyée sous une averse diluvienne, a vu affluer des quadras et quinquas venus célébrer un retour annoncé depuis l'été dernier. Les rumeurs, lancées lors d'un duo surprise avec Karol G au Santiago Bernabéu en juillet 2024, se sont concrétisées ce soir-là : Amaia Montero était de retour, vêtue d'un maillot rose, pour un concert qui a balayé huit années de silence scénique en Espagne.

Le pop des années 2000 a submergé la scène. Depuis sa dernière prestation avec le groupe à Tenerife en juin 2007, deux décennies se sont écoulées. Pourtant, ce retour s'inscrit dans la continuité des albums El viaje de Copperpot et Lo que te conté mientras te hacías la dormida, qui ont façonné la légende du groupe. Sur les 35 dates prévues, 400 000 billets ont déjà été vendus, preuve d'une ferveur intacte pour une formation mythique.

Une soirée sous le signe de la nostalgie

Le show a débuté dans un tumulte : Amaia Montero est apparue depuis les entrailles du décor, juchée sur l'un des cinq pupitres blancs qui structuraient la scène. Les premières notes de 20 de enero ont déclenché un rugissement si puissant que sa voix en a été momentanément étouffée. Le même phénomène s'est produit sur Deseos de cosas imposibles, avant qu'un silence relatif ne s'installe lors de El último vals — un titre écrit après son départ traumatique du groupe en 2007.

Quarante ans de carrière résumés en deux heures de musique : la nostalgie, oui, mais aussi la preuve que certaines mélodies ne vieillissent pas.

« J'ai été en enfer, littéralement. Il y a eu des moments où je pensais ne plus jamais remonter sur scène », a confié la chanteuse devant une salle en transe. « Mais avec mes cicatrices, j'ai plus envie de chanter que jamais. » Ces mots ont résonné comme une justification à ce retour, salué par un public en liesse qui réclamait le retour de la formation originale — à l'exception de Pablo Benegas, parti en 2007 avec elle.

Sa voix, reconnaissable entre toutes par son timbre rauque, a parfois vacillé, notamment sur La niña que llora en tus fiestas, un titre de l'ère Leire Martínez. Un couac au premier refrain a forcé Amaia à improviser une reprise de Nothing Compares 2 U de Sinéad O'Connor, avant de se reprendre. La question de sa capacité à tenir deux heures de spectacle était sur toutes les lèvres : les organisateurs avaient prévu des plages moins exigeantes vocalement pour préserver son souffle.

« Je vois des gens que je connaissais au lycée, aujourd'hui devenus adultes et professionnels. Et nous sommes toujours là, ensemble. Ça me touche profondément », a-t-elle lancé avant d'attaquer Vestido azul. Le concert a pris un tournant nostalgique avec Tan guapa, un morceau souvent associé à son départ, interprété au piano par Amaia et Xavier San Martín. Le public, debout, a scellé ce moment comme un symbole de réconciliation.

« Je pensais ne plus jamais remonter sur scène. » Amaia Montero, brisant un silence de dix-sept ans.

Le pic émotionnel est venu avec un bloc enchaînant París, Cuéntame al oído et La playa, où la voix d'Amaia a retrouvé toute sa puissance dans un final triomphal. Juchée sur un pupitre, elle a osé Todos estamos bailando la misma canción, son seul single post-reformes, s'excusant presque : « C'est la première fois que je chante en hauteur, et je l'ai fait mal. On m'a dit que c'était incroyable, mais je sais que non.

La voix, entre fragilité et puissance

Pour clore la soirée, le groupe a plongé dans les tubes indémodables des années 2000 : Soledad, Rosas, Perdida — reprise en chœur par le public comme à San Mamés —, Cuídate, Muñeca de trapo et Puedes contar conmigo. Une avalanche de nostalgie à laquelle personne n'a résisté, comme en témoignent les visages baignés de larmes et les bras levés en cadence.

Sources :
  • El Mundo

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