Des soldats israéliens filmés en train de dynamiter des bâtiments entiers dans le sud du Liban : ces images, analysées par des experts, révèlent l’usage d’explosifs posés manuellement plutôt que de frappes aériennes. Le village de Deir Siryan, situé à seulement six kilomètres de la frontière israélienne, a été entièrement rasé entre le 17 et le 31 mars, comme le confirment des clichés satellites et des témoignages recueillis sur place. Ces destructions s’inscrivent dans une stratégie militaire plus large, mais leur ampleur interroge sur leur légalité et leur proportionnalité au regard des principes du droit humanitaire international.

Un habitant de Deir Siryan, contraint de fuir son village début mars après un ultimatum de l’armée israélienne, décrit avec amertume la destruction méthodique des infrastructures locales. « Là où se trouvait l’école, juste à côté de la mairie, tout a été rasé », témoigne-t-il. Pour lui, ces actes ne relèvent pas d’une logique de défense mais d’une volonté délibérée de dépeupler la zone. « Ils posent des explosifs et détruisent tout, sans distinction. Ce n’est pas humain », dénonce-t-il, soulignant l’absence de combat en cours dans ces bâtiments au moment des démolitions.

Une destruction méthodique des infrastructures civiles

Face aux accusations, l’armée israélienne justifie ces opérations par la nécessité de neutraliser le Hezbollah, dont le sud du Liban constitue un bastion historique. Dans une réponse officielle, elle affirme agir « en accord avec le droit international » et ne recourir à la destruction de propriétés civiles qu’en « cas de nécessité militaire impérative ». Pourtant, cette rhétorique est contestée par Amnesty International, qui pointe une interprétation extensive des règles de guerre. « Si des soldats peuvent entrer et poser des explosifs à la main, cela signifie qu’il n’y a pas de menace immédiate pour leur vie », souligne Barbara Marcolini, enquêtrice visuelle de l’ONG. Pour elle, ces destructions systématiques pourraient relever de « crimes de guerre » et nécessiteraient une enquête approfondie.

Les images publiées par des médias libanais et israéliens révèlent une autre méthode : l’utilisation de pelleteuses pour raser des villages entiers. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, assume publiquement cette politique de « dépeuplement » des zones frontalières. « Toutes les maisons des villages adjacents à la frontière seront démolies, conformément au modèle appliqué à Rafah et Beit Hanoun à Gaza, afin d’éliminer les menaces pesant sur les habitants du Nord », a-t-il déclaré. Cette stratégie, déjà dénoncée par des ONG internationales après la guerre de 2024, soulève des interrogations sur son efficacité réelle et ses conséquences humanitaires à long terme.

Entre justification sécuritaire et violations du droit international

Ces destructions massives dans le sud du Liban s’inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes entre Israël et le Hezbollah, marqué par des cycles de représailles et une escalade militaire. Selon des images satellites et des témoignages, des villages entiers ont été rasés entre mars et avril 2025, avec des méthodes allant des explosifs aux pelleteuses. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, assume cette politique au nom de la sécurité des populations du Nord, tandis qu’Amnesty International y voit une possible violation du droit international. Au-delà des enjeux juridiques, ces opérations interrogent sur leur impact humanitaire et leur capacité à résoudre durablement les tensions dans une région déjà dévastée par des décennies de conflits.

Sources :
  • France Info

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