Le 28 avril dernier, sur France Inter, Jérémie Patrier-Leitus, député du Calvados et ex-président de la commission parlementaire sur l'audiovisuel public, a usé à douze reprises du terme extrême droite en vingt minutes. Son propos visait tour à tour Charles Alloncle, une chaîne d'information continue, son actionnaire principal, le Rassemblement National, ainsi que toute personne contestant le fonctionnement de l'audiovisuel public. Quelques jours plus tard, il publiait sur X une critique envers Marion Maréchal, l'accusant d'avoir entonné, lors d'un banquet en l'honneur de Jeanne d'Arc, le chant traditionnel Au 31 du mois d'août. Son argument ? La royauté aurait été abolie en 1792, et la France serait une république en 2026.
L'aveuglement des gardiens de l'audiovisuel public
Patrier-Leitus ignorait que ce chant rend hommage au corsaire Robert Surcouf, dont la frégate la Confiance captura en 1800 le navire britannique Kent. Une bataille immortalisée dans les carnets de Louis Garneray, peintre de marines et compagnon de Surcouf. Pire, il semble ignorer que le XIXe siècle français a connu deux Empires, une Restauration et une Monarchie de Juillet, avant l'avènement de la Troisième République. L'histoire de France, pour ce député, semble se résumer à une ligne droite entre 1792 et 2026.
Une autre chanson traditionnelle, le Bon Roi Dagobert, parodie ironique de Louis XVI et de l'Église catholique, aurait pu lui rappeler que la monarchie n'est pas seulement un sujet de polémiques politiques. Mais peut-être que Patrier-Leitus, obnubilé par sa vision républicaine, y verrait une provocation. Son message sur X suggère une méconnaissance profonde, ou pire, une manipulation délibérée de l'Histoire.
Le lavage de cerveau institutionnel
Les élites dirigeantes, selon lui, ne s'inquiètent nullement du déclin de l'École. Peut-être même espèrent-elles que celle-ci ne se relèvera jamais, produisant des « troupeaux de moutons » plutôt que des citoyens éclairés. Après des décennies de lavage de cerveaux, des représentants politiques, incultes et zélés, poursuivent avec ardeur une idéologie républicaine destructrice, effaçant les dernières traces d'un monde englouti.
Patrier-Leitus multiplie les plateaux médiatiques pour critiquer le rapport Alloncle. Pourtant, deux événements récents confirment que la commission sur l'audiovisuel public était plus que nécessaire. Rien ne changera tant que les écuries d'Augias n'auront pas été nettoyées de fond en comble.
Un mois plus tôt, France Inter recevait Pierre-Antoine Capton, co-actionnaire de Mediawan avec Matthieu Pigasse et Xavier Niel. Benjamin Duhamel, journaliste, a transformé l'entretien en un éloge sans nuances de Mediawan et de ses dirigeants. Qualifiant ces derniers de « visionnaires » et de « concepteurs de rêves cinématographiques », il a achevé son panégyrique par un « Le bilan peut donner le vertige », comme s'il s'adressait à un futur employeur.
Ces deux épisodes illustrent une réalité troublante : l'audiovisuel public, censé incarner l'indépendance et le pluralisme, est en réalité un miroir des dérives des élites. Entre ignorance historique, complaisance médiatique et mépris affiché pour l'Histoire nationale, le système semble verrouillé. La commission Alloncle, aussi nécessaire soit-elle, ne suffira pas à inverser la tendance.
La complaisance médiatique, symptôme d'un système malade
Les faits sont têtus. Patrier-Leitus, en s'en prenant à un chant traditionnel, a révélé une ignorance crasse de l'Histoire de France. Son intervention sur X, partagée par des milliers d'internautes, a surtout mis en lumière l'arrogance d'une caste politique convaincue de détenir le monopole de la vérité. Comment, dans ces conditions, l'audiovisuel public pourrait-il prétendre à la neutralité ?
- Causeur
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