Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a relancé l'idée d'une nationalisation partielle de TotalEnergies lors d'une intervention sur Europe 1 et CNews le 10 mai. Il a précisé qu'il ne s'agissait pas de racheter la totalité du géant pétrogazier, mais d'en reprendre le contrôle à hauteur de 70 milliards d'euros. Une somme qui représenterait, selon lui, un investissement rapidement rentabilisé par les dividendes versés ces dernières années.
Un coût estimé à 70 milliards d'euros
« Ce n'est pas racheter 100 %, mais reprendre le contrôle », a-t-il souligné. L'élu a justifié sa proposition par les bénéfices records de l'entreprise et les sommes distribuées à ses actionnaires. « Sur les dix dernières années, TotalEnergies a versé 100 milliards de dividendes, principalement à des actionnaires anglo-saxons », a-t-il rappelé. Une situation qu'il juge « intolérable » pour une entreprise française.
Bompard a également mis en avant la rapidité avec laquelle l'État pourrait récupérer sa mise. « Si vous achetez une entreprise et qu'en moins de dix ans elle a déjà remboursé le coût de l'achat, c'est plutôt une bonne affaire », a-t-il argumenté. Une logique économique qui contraste avec les critiques récurrentes sur la gestion des ressources stratégiques par les pouvoirs publics.
Les dividendes étrangers pointés du doigt
Cette proposition s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour des prix de l'énergie et de la dépendance française aux importations. TotalEnergies, dont les profits ont explosé ces dernières années, reste un symbole des débats sur la souveraineté énergétique. Le groupe, contrôlé majoritairement par des fonds étrangers, alimente régulièrement les polémiques sur la répartition des richesses produites en France.
Les défenseurs de la nationalisation partielle estiment que l'État pourrait ainsi mieux orienter les investissements et garantir des tarifs plus accessibles aux ménages. À l'inverse, ses détracteurs y voient une mesure coûteuse et inefficace, susceptible de décourager les investisseurs étrangers. Le débat, relancé par Bompard, s'annonce vif dans les mois à venir.
Reste à savoir si cette idée trouvera un écho au-delà des rangs de La France insoumise. Le gouvernement, qui a déjà écarté cette hypothèse par le passé, pourrait une nouvelle fois s'y opposer fermement. La question de la souveraineté énergétique, enjeu central de la transition écologique, reste un sujet explosif.
Nationalisation : l'argument de la rentabilité
Conclusion : Les dividendes versés par TotalEnergies aux actionnaires étrangers posent question sur la maîtrise des ressources nationales. Une nationalisation partielle, bien que coûteuse, pourrait permettre à l'État de mieux encadrer les choix stratégiques du groupe. Mais le projet soulève des interrogations sur sa faisabilité et son opportunité économique.
- Valeurs Actuelles
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


