Le gouvernement australien d'Anthony Albanese est sous le feu des critiques après avoir annoncé la plus grande réforme des avantages fiscaux immobiliers depuis plus de vingt ans. Dans le cadre de son budget fédéral, présenté mardi soir, le Parti travailliste a choisi de restreindre drastiquement la défiscalisation des investissements locatifs et les incitations fiscales sur l'immobilier, une décision présentée comme un remède aux inégalités entre générations et un soutien au pouvoir d'achat.

Une réforme qui pénalise les jeunes investisseurs

Le ministre des Finances Jim Chalmers a dévoilé un budget marqué par un aveu d'échec : celui de ses promesses électorales non tenues. Parmi les mesures phares, la suppression progressive de la défiscalisation des pertes locatives (negative gearing) sera désormais limitée aux seuls logements neufs. Les investisseurs ne pourront plus déduire les pertes d'un bien locatif de leurs autres revenus imposables, sauf pour les constructions récentes.

Le Premier ministre Albanese, lui-même propriétaire d'un bien immobilier d'une valeur de 4,3 millions de dollars sur la côte centrale de Nouvelle-Galles du Sud, se retrouve au cœur de la polémique. Acquis en 2024, ce bien est loué à des locataires, mais les avantages fiscaux qui ont permis sa constitution disparaissent pour les générations futures. Selon les opposants, cette réforme prive les jeunes Australiens des mêmes opportunités qui ont servi à bâtir la fortune du chef du gouvernement.

Le patrimoine d'Albanese au cœur de la polémique

Simon Kennedy, secrétaire adjoint à l'Opposition, a dénoncé une mesure discriminatoire lors d'une intervention sur Sky News. « La majorité des investisseurs en perte locative ont moins de 40 ans », a-t-il souligné. « Nous leur retirons les outils qui leur permettent de se constituer un patrimoine, exactement comme le Premier ministre l'a fait pour lui-même. » Il a ajouté : « Cette réforme augmente les impôts pour cette génération. Ils paieront désormais le taux marginal d'imposition maximal à la revente de leur bien, sans possibilité de déduire leurs pertes. Le gouvernement présente cela comme une solution aux inégalités intergénérationnelles, alors qu'il alourdit la fiscalité des jeunes aujourd'hui.

« Nous leur retirons les outils qui leur permettent de se constituer un patrimoine, exactement comme le Premier ministre l'a fait pour lui-même. »

Les chiffres avancés par le gouvernement pour justifier ces mesures peinent à convaincre. Plus de 160 000 Australiens pourraient être exclus du dispositif d'aide aux personnes handicapées (NDIS) d'ici 2030, alors que le coût du programme explose. Le budget alloue 2 milliards de dollars à un nouveau programme pour les enfants autistes, tandis que 3 milliards supplémentaires seront investis sur cinq ans pour créer des aides en dehors du NDIS. Ces réformes devraient permettre une économie de 37,8 milliards de dollars sur quatre ans.

Face à ces annonces, les réactions sont vives. Une enseignante, Kath, a interpellé le ministre des Finances en direct sur la chaîne Sunrise : « Mon mari et moi, deux enseignants, comptions sur la défiscalisation locative pour nous en sortir ». Elle a ajouté : « Vous avez menti pour obtenir des voix. Honte à ce gouvernement qui écrase les rêves et ment. » Jim Chalmers a tenté de répondre : « Si vous défiscalisez actuellement, vous pouvez continuer. Et si vous souhaitez investir dans un bien neuf, vous pourrez toujours le faire. » Il a reconnu que le gouvernement avait changé de position depuis les dernières élections, estimant que l'accès à la propriété était devenu trop difficile pour les jeunes Australiens.

« Vous avez menti pour obtenir des voix. Honte à ce gouvernement qui écrase les rêves et ment. »

Les nouvelles règles sur la défiscalisation locative entreront en vigueur dès la nuit du budget. Les investisseurs ayant acheté un bien existant avant cette date conserveront leurs avantages, tandis que ceux achetant après ne pourront plus en bénéficier qu'à partir de juillet 2027. Seuls les logements neufs resteront éligibles à la défiscalisation sans limite de durée. Les investisseurs pourront toujours bénéficier d'un abattement de 50 % sur les plus-values, mais celui-ci sera désormais indexé sur l'inflation, réduisant d'autant son attractivité.

NDIS et enfants autistes : les autres victimes du budget

Le budget prévoit également des mesures d'allègement fiscal pour les travailleurs, avec une économie moyenne de 2 800 dollars par contribuable à partir de mi-2027. Deux baisses d'impôts sont prévues dès cette année, mais leur impact réel reste limité face à la suppression des dispositifs immobiliers. Les Australiens sont profondément divisés sur ces réformes, certains saluant une tentative de justice sociale, d'autres dénonçant une hypocrisie politique sans précédent.

Sources :
  • Daily Mail

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