Le ministre des Finances australien a confirmé, dans le budget fédéral présenté mardi, que près d’un million de propriétaires bailleurs actuels conserveront leurs avantages fiscaux liés à l’investissement locatif, malgré l’instauration de restrictions sévères pour les futurs acquéreurs. Les investisseurs en place bénéficieront d’une protection totale grâce à des dispositions transitoires avantageuses, leur permettant de conserver les allègements fiscaux sur les biens déjà détenus.
À partir de 2026, seuls les logements neufs répondant à des critères précis définis par l’État seront éligibles au dispositif de déduction fiscale pour investissement locatif. Les acquisitions de biens existants ne donneront plus droit à ces avantages, sauf pour ceux qui possèdent déjà des propriétés locatives. Toute personne n’étant pas déjà propriétaire d’un bien en déficit locatif sera exclue de ce bénéfice fiscal pour les logements existants.
Un revirement fiscal sous pression
Le ministre des Finances a reconnu que cette réforme marquait un revirement par rapport aux promesses électorales passées du Parti travailliste. Il a cependant insisté sur la transparence du gouvernement quant à la révision des dispositifs fiscaux liés au logement. Le Premier ministre et le ministre des Finances avaient pourtant exclu toute modification des règles sur la déduction fiscale pour investissement locatif et la taxation des plus-values avant les élections de 2025.
« Le système actuel en matière de logement et de fiscalité est injuste et insoutenable », a déclaré le ministre des Finances. « Aucun gouvernement responsable ne peut ignorer cette réalité. » Il a précisé que, lors de la campagne électorale, l’accent avait été mis sur l’offre de logements et les dépôts de garantie à 5 %, reflétant ainsi les engagements pris à l’époque. « Trop de citoyens sont exclus du marché immobilier. Nous devons agir sur ces deux fronts simultanément.
Selon les chiffres officiels, environ deux millions d’Australiens possèdent des biens immobiliers locatifs, dont 1,27 million bénéficient actuellement de la déduction fiscale pour investissement locatif. Le gouvernement affirme que les propriétaires actuels ne seront pas affectés par ces changements et rejette les craintes d’une hausse des loyers imputable à la réforme.
L’opposition conservatrice a critiqué cette réforme, sans pour autant s’engager à la supprimer. La vice-présidente du Parti libéral, Jane Hume, a qualifié cette mesure de « prélèvement fiscal d’un gouvernement travailliste en quête de liquidités ». « Quand le Parti travailliste manque d’argent, il se tourne vers vos poches », a-t-elle lancé. L’opposition n’a pas encore précisé sa position définitive, Jane Hume estimant qu’il fallait attendre les détails précis de la proposition travailliste.
Le porte-parole de l’opposition pour les questions économiques, Tim Wilson, a accusé le gouvernement de sombrer dans le « désordre » avec son agenda fiscal. Il a mis en garde contre des réformes qui, selon lui, favoriseraient les baby-boomers aisés et empêcheraient les jeunes Australiens d’accéder au marché immobilier. « Les baby-boomers seront protégés, mais les jeunes ne pourront pas poser le premier pied sur l’échelle de l’opportunité », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin d’un système fiscal encourageant la création de richesse et la croissance pour la prochaine génération.
Les jeunes Australiens sacrifiés sur l'autel des promesses électorales
En complément des réformes fiscales, le gouvernement a annoncé un investissement de deux milliards de dollars sur quatre ans, à partir de 2026, pour financer des infrastructures locales — routes, assainissement, eau et électricité — afin de faciliter le développement de nouveaux logements. Cette initiative s’inspire d’une proposition électorale du Parti libéral en 2025, qui prévoyait un fonds de cinq milliards de dollars. Le gouvernement estime que ces fonds pourraient permettre la construction de jusqu’à 65 000 nouveaux logements sur dix ans, sans compter directement les travaux.
- Daily Mail
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