Le président Isaac Herzog a finalement renoncé à prononcer un discours lors de la cérémonie de remise des diplômes du Jewish Theological Seminary à New York, prévue le 19 mai. Dans un courrier rendu public le 16 mai par la chancelière de l’institution, Shuly Rubin Schwartz, il évoque des circonstances non précisées l’empêchant de se rendre sur place. Herzog, qui devait recevoir un doctorat honorifique, s’exprimera à distance et recevra son diplôme ultérieurement.

Une polémique qui divise la communauté juive américaine

Cette annulation intervient après qu’une lettre signée par six étudiants et anciens élèves a demandé le retrait de l’invitation adressée à Herzog. Ces signataires, inscrits dans des programmes communs entre le Jewish Theological Seminary, Barnard et Columbia, accusent le président israélien d’avoir incité à la violence contre les Palestiniens. Leur missive, rendue publique fin avril, a reçu le soutien de plusieurs membres de la communauté étudiante et de l’institution.

Les auteurs de la lettre reprochent notamment à Herzog d’avoir écrit un message sur un obus d’artillerie tiré sur Gaza, d’avoir nié l’existence d’une famine dans l’enclave palestinienne et d’avoir accusé l’État d’Israël d’être responsable du pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas. « En tant que chercheurs en éthique et en textes rabbiniques, nous ne pouvons cautionner la souffrance d’autrui », ont-ils justifié dans leur texte.

Les accusations contre Herzog : entre guerre des mots et réalité

La chancelière Shuly Rubin Schwartz a vivement réagi à cette polémique, dénonçant dans un article publié par le Forward un cirque médiatique autour de cette controverse. Elle a souligné que les signataires de la lettre avaient été la cible d’accusations infondées, qualifiés d’anti-sionistes, voire menacés d’expulsion. « Des appels ont été lancés pour les faire expulser, et ils ont été la cible d’accusations infondées », a-t-elle précisé.

« Les auteurs de la lettre ont été confondus avec des étudiants rabbiniques et qualifiés d’anti-sionistes. » — Shuly Rubin Schwartz

Rubin Schwartz a défendu l’invitation d’Herzog, rappelant le soutien de l’institution à Israël, où vivent plus de 7 millions de Juifs. Elle a également mis en avant le rôle du président dans la promotion de la démocratie en Israël et d’une solution à deux États. Malgré cette défense, 24 membres de la promotion diplômée ont apporté leur soutien à Herzog dans une lettre publiée par le Columbia Spectator, un journal étudiant.

Herzog, qui devait initialement se rendre à New York pour la cérémonie, a finalement opté pour une intervention à distance. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les campus américains, où des mouvements pro-palestiniens multiplient les contestations contre les représentants israéliens. La polémique autour de sa venue illustre les divisions au sein même des institutions juives américaines.

« Nous ne pouvons cautionner la souffrance d’autrui. » — Six étudiants et anciens élèves du Jewish Theological Seminary

La chancelière a conclu sa déclaration en réaffirmant le soutien du Jewish Theological Seminary à Israël, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le dialogue. « Le fait de choisir une personne avec laquelle de nombreux étudiants sont en désaccord est une porte ouverte à la polémique », ont souligné les six signataires de la lettre initiale.

Réactions et soutiens dans l’institution

Cette affaire survient alors que les universités américaines font face à une montée des tensions liées au conflit israélo-palestinien. Plusieurs établissements ont déjà annulé des conférences ou des interventions de personnalités israéliennes ces derniers mois, sous la pression d’étudiants ou d’associations.

Sources :
  • Times of Israel

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