Le géant américain Berkshire Hathaway a accéléré ses rachats d'actions et réduit son stock de trésorerie au deuxième trimestre. Entre avril et juin, le conglomérat a racheté pour 4,5 milliards de dollars de ses propres titres, puis plus de 3,3 milliards supplémentaires en juillet. Cette stratégie marque une reprise des rachats, suspendus pendant près de deux ans avant mars 2025.

Trésor de guerre en baisse : Berkshire Hathaway a réduit son trésor de guerre de 15,5 milliards de dollars en trois mois, passant de 380,2 milliards à 364,7 milliards de dollars fin juin. Cette baisse s'accompagne d'investissements massifs dans des actions comme Alphabet, dont les participations ont été augmentées de 10 milliards de dollars. Le conglomérat détient désormais l'une de ses plus importantes lignes en actions technologiques.

Un virage stratégique sous Greg Abel

Le profit opérationnel du deuxième trimestre a atteint 12,98 milliards de dollars, en hausse de 16 % par rapport à l'année précédente. Cette performance dépasse les prévisions des analystes, portées par la croissance des activités ferroviaires BNSF et des services comme NetJets et TTI. À l'inverse, l'assureur Geico a pesé sur les résultats avec une baisse de 45 % de son bénéfice souscription avant impôts.

Berkshire Hathaway réduit son trésor de guerre de 15,5 milliards de dollars en trois mois.

Le chiffre d'affaires global a progressé de 10 % à 101,81 milliards de dollars, mettant fin à une période de stagnation. Cependant, Berkshire Hathaway a enregistré une hausse de 25,67 milliards de dollars de bénéfice net, incluant les plus-values et moins-values latentes sur ses participations. Le groupe invite les investisseurs à ne pas tenir compte de cette volatilité.

Les activités assurantielles et de réassurance ont vu leur profit reculer de 11 %, malgré des pertes immobilières inférieures aux attentes. BNSF a affiché une progression de 6 % de son bénéfice à 1,56 milliard de dollars, portée par le transport de produits de consommation, agricoles et énergétiques. Berkshire Hathaway Energy a, quant à elle, enregistré une hausse de 27 % de son résultat à 891 millions de dollars.

Greg Abel, directeur général depuis le départ de Warren Buffett en mai 2025, confirme son influence croissante. L'analyste Cathy Seifert, de CFRA Research, souligne que « les résultats sont sains et devraient rassurer les investisseurs ». Abel a également investi 6,8 milliards de dollars dans le promoteur immobilier Taylor Morrison fin juillet, diversifiant davantage les actifs du groupe.

Les actions de classe A du groupe sous-performent l'indice S&P 500 de 40 points depuis le départ de Buffett.

Malgré une capitalisation boursière proche de 1,5 fois la valeur comptable, les actions de classe A de Berkshire Hathaway progressent de seulement 3 % en 2025, loin derrière l'indice S&P 500 (+13 %). Depuis l'annonce du départ de Buffett, l'écart atteint 40 points de pourcentage. Geico, en difficulté, dépense massivement en publicité pour regagner des parts de marché, mais ses résultats restent « absolument désastreux » selon Seifert.

Geico en première ligne des difficultés

Les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques persistent, notamment concernant les droits de douane et les conflits armés. Berkshire Hathaway souligne également un affaiblissement de la demande dans ses activités grand public, comme ses concessions automobiles ou ses marques de vêtements et de véhicules récréatifs. La confiance des consommateurs semble s'éroder, impactant les performances.

Sources :
  • New York Post

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