Rick Caruso avait toutes les raisons d’abandonner. Bien qu’il ait sauvé le centre commercial de Palisades lors de l’incendie de janvier en utilisant des matériaux ignifuges et des pompiers privés, les dégâts causés par la fumée et l’eau restaient colossaux. La remise en état a coûté 100 millions de dollars, une somme difficile à rentabiliser dans un quartier où les habitations sont encore largement inhabitables. Pacific Palisades, niché à l’écart du reste de la ville, peine à attirer une clientèle locale suffisante pour assurer sa viabilité économique.
Un investissement à haut risque
Pourtant, Caruso relève le défi après avoir dépensé plus de 100 millions de dollars lors de sa campagne ratée pour le poste de maire de Los Angeles en 2022. Bien qu’il ait mené la course face à Karen Bass en début de campagne, il a finalement été battu par l’appareil du parti. L’exode des Angelenos s’accélère : des dizaines de milliers de résidents ont quitté la ville et l’État pour des destinations offrant un coût de vie moindre et moins de problèmes. La récente augmentation du nombre de sans-abri à Los Angeles, révélée lors du dernier comptage, a achevé de discréditer l’administration en place.
Pourquoi ne pas tout quitter ? Pourquoi ne pas encaisser l’argent de l’assurance, vendre la propriété et investir ailleurs ? Caruso s’est récemment rendu à Nashville, dans le Tennessee, où il a salué la « qualité de vie élevée » de la ville : des rues sûres et propres, l’absence de campements bloquant les trottoirs, et une énergie urbaine authentique attirant à la fois entreprises et résidents. Une comparaison qui souligne l’état de délabrement de Los Angeles.
Le secteur privé peut-il sauver Los Angeles ?
Pourtant, une chose semble claire : son attachement indéfectible à la ville. Caruso rappelle que la fierté civique ne dépend pas nécessairement du gouvernement. Le secteur privé peut prendre les devants et parfois accomplir un travail meilleur que le secteur public. Il incarne ainsi un modèle de leadership à l’ancienne, proche de celui des magnats industriels américains du XIXe siècle, qui investissaient leur fortune dans des institutions publiques comme les écoles ou les bibliothèques.
« Il nous faut plus de Caruso, et non moins », estime-t-il. Une prise de position qui prend tout son sens à l’heure où l’État de Californie multiplie les mesures punitives pour chasser les plus aisés, comme la « taxe sur les milliardaires ». Un choix politique qui risque de priver la région de ses forces vives.
Rick Caruso prouve par l’exemple que l’engagement civique peut s’exprimer hors des institutions. Son investissement dans Palisades est un acte de foi envers Los Angeles, une ville en pleine crise de confiance. Reste à savoir si ce pari audacieux suffira à inverser la tendance.
La réouverture du centre commercial de Palisades marque un tournant symbolique pour Los Angeles. Après des mois de désolation, un acteur privé relève le défi là où les pouvoirs publics semblent en échec. Une lueur d’espoir dans une ville en proie au doute.
L'exemple de Nashville et ses leçons
Pourtant, les défis restent immenses. Sans une relance économique et sociale, le pari de Caruso pourrait bien rester un îlot de prospérité dans un océan de difficultés. La question est désormais de savoir si d’autres suivront son exemple avant qu’il ne soit trop tard.
- New York Post
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