Une centaine de Ceutís se sont rassemblés sur la plage de Benítez au moment où la Croix-Rouge procède habituellement à la distribution de nourriture et d'eau aux migrants installés sur la plage voisine du Trampolín. Le convoi humanitaire, composé d'un camion de secours, de quatre ambulances et de deux fourgons d'escorte policière, s'est vu barrer la route par les manifestants. Assis au milieu de la chaussée, ces derniers scandaient « la Croix-Rouge est une mafia » tout en bloquant l'accès aux véhicules pour empêcher la distribution de vivres.
Une colère qui déborde
Tino Fariña, un entrepreneur local ayant participé au blocage, a justifié cette action en déclarant : « Si on continue à leur donner à manger, ils ne partiront jamais. Il faut qu'ils s'en aillent, nous n'avons plus de place. Nous les avons nourris pendant vingt-sept jours déjà. » Cet ancien électeur socialiste a ajouté : « Nous refusons d'être une ville-asile et nous devons employer tous les moyens, aussi drastiques soient-ils, pour qu'ils quittent Ceuta.
Après avoir entravé l'accès pendant une vingtaine de minutes, les manifestants se sont retirés sur ordre de la police. Cependant, la distribution de nourriture a pu être menée à bien, les camions ayant accédé au site avant le début du blocage. Mais la tension n'a fait que monter : des groupes de manifestants, issus de rassemblements organisés dans toute la ville, se sont dirigés vers la plage du Trampolín.
Une fois sur place, une centaine de personnes se sont ruées vers un campement improvisé près de la station de dessalement. Ils ont tout ravagé : tentes en canne, bâches, effets personnels des migrants. La police, incapable d'empêcher ces destructions, a vu les occupants du campement fuir en désordre vers la jetée, où ils ont assisté, impuissants, à la dévastation de leur lieu de vie. Sous les cris de « envahisseurs, expulsion », les manifestants ont ensuite incendié les tentes, tandis que les migrants contemplaient, stupéfaits, la destruction de leur abri.
La police a alors tiré des coups de feu en l'air pour disperser la foule, qui s'est repliée sur la chaussée principale. Mais le mouvement ne s'est pas arrêté là : un groupe a forcé le cordon policier pour s'attaquer aux cabanes de fortune construites par les migrants. Certaines structures en végétaux ont été réduites en cendres sous les yeux des occupants.
L'ordre public mis à mal
Un porte-parole policier a confirmé que douze migrants avaient été interpellés la veille pour avoir lancé des pierres sur quatre militaires à Ceuta. Les soldats avaient subi des contusions et nécessité des soins médicaux.
- El Español
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