Le tribunal des activités économiques de Paris a acté, ce week-end, la conversion de la procédure de sauvegarde de Minelli en redressement judiciaire, officialisant ainsi l’état de cessation de paiements de l’entreprise. Une décision rendue publique dimanche par l’AFP, confirmant les craintes nées de six mois d’observation décevante. Créée en 1973 à Marseille, la marque, spécialisée dans les chaussures et accessoires pour femmes, avait déjà frôlé la liquidation en septembre 2023 avant d’être reprise in extremis par un trio d’investisseurs et la marque de vêtements « Mes Demoiselles Paris ». Ces repreneurs avaient alors rebaptisé l’entité « Maison Minelli » et promis une relance ambitieuse, mais les résultats déçoivent cruellement.

Le dernier exercice clos en 2025 révèle un déficit abyssal de 3,7 millions d’euros, tandis que l’analyse des comptes imposée par la justice met en lumière l’échec de la stratégie commerciale. Sur les boutiques reprises en 2024, près de 90 % se révèlent aujourd’hui déficitaires, selon les documents judiciaires consultés. Une performance qui interroge la pertinence du plan de reprise, alors que le secteur de la distribution subit une pression accrue, notamment face à l’offensive des géants asiatiques comme Shein, proposant des articles à des tarifs imbattables.

Un modèle économique en crise

L’industrie française face à l’offensive asiatique

La nouvelle tombe alors que le gouvernement français multiplie les annonces pour soutenir les commerces traditionnels face à la concurrence déloyale des plateformes étrangères. En 2024, le ministre de l’Économie avait évoqué des mesures pour protéger les PME du secteur, mais les résultats tardent à se concrétiser. Minelli, symbole d’un savoir-faire français en maroquinerie, incarne désormais les difficultés d’un modèle économique fragilisé, où l’innovation et la résilience peinent à compenser les déséquilibres structurels.

Sources :
  • Le Parisien

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