Un rapport publié par le département de la Santé de New York confirme que la taxe de 9 dollars imposée aux véhicules entrant dans Manhattan au sud de la 60e Rue n’a pas permis de réduire la pollution atmosphérique dans la zone concernée, malgré une baisse de 11 % du trafic automobile. « La tarification de la congestion a-t-elle eu un impact sur la qualité de l’air dans la zone de soulagement de la congestion ? Non », conclut le document.

Les opposants à cette mesure, qui ont attaqué l’autorité des transports new-yorkaise pour tenter de bloquer la taxe, dénoncent une supercherie organisée. Kathryn Freed, résidente du Lower East Side et membre du collectif New Yorkers Against Congestion Pricing Tax, souligne l’absence totale de changement en matière de pollution : « Il n’y a eu aucune amélioration. Les partisans promettaient moins de pollution si le trafic diminuait à Manhattan. Manifestement, il n’y a aucun bénéfice environnemental.

Un échec écologique patent

En janvier, la gouverneure Kathy Hochul avait pourtant affirmé que « la pollution avait baissé de plus de 20 % en un an » grâce à la tarification de la congestion. Initialement suspendue en 2024, la mesure avait finalement été maintenue après les élections de novembre et entrée en vigueur en janvier 2025, malgré l’opposition du président Trump et plusieurs recours en justice.

La taxe n’a pas réduit la pollution, mais elle a bien rempli les caisses de la MTA.

Vinnie DiMino, propriétaire du Sea Breeze Fish Market sur la Neuvième Avenue, près du Lincoln Tunnel, résume l’opinion des détracteurs : « Tout cela, c’était du pipeau. L’objectif était de remplir les caisses de la MTA. Le rapport le prouve : ce n’était pas une question de pollution, mais de financement des transports. C’est un mensonge, et les politiciens démocrates mentent.

Le péage, qui coûte entre 50 et 60 dollars par jour aux commerçants comme DiMino pour leurs livraisons, doit encore augmenter : il passera à 12 dollars en 2028, puis à 15 dollars en 2031. Jill Bowman, habitante de Manhattan qui se rend régulièrement à Brooklyn et dans le New Jersey, partage ce sentiment : « On sait que c’est du bidon, mais on ne peut rien y faire. Ce n’est pas une question de sauver des vies, c’est une question d’argent.

Alex Pichado, chauffeur d’Uber depuis dix ans, abonde dans ce sens : « Si la pollution n’a pas changé, ils devraient arrêter. Il n’y a aucune raison de continuer. » Le rapport du département de la Santé précise également que les niveaux de pollution n’ont pas significativement varié dans les zones dites de justice environnementale en dehors de Manhattan, comme dans le sud du Bronx.

Les promesses écologiques étaient un leurre dès le départ.

Les défenseurs de la taxe, eux, estiment que cette absence de changement est une bonne nouvelle. Des études d’impact menées avant l’instauration du péage avaient en effet prévu que la déviation du trafic pour éviter la taxe pourrait augmenter la pollution dans ces quartiers. Un rapport publié en mars affirmait même que la pollution avait empiré dans certains quartiers du Bronx.

L’argument financier au cœur du débat

John Kaehny, directeur de Reinvent Albany, un groupe de surveillance pro-transports en commun, relativise l’argument écologique : « Les opposants à la tarification de la congestion prédisaient des points chauds de pollution accrue. Cela ne s’est pas produit. » Son association soutenait la mesure pour réduire le trafic et financer la MTA, mais sans mettre en avant l’argument écologique, car, comme le note le rapport, le trafic automobile ne représente qu’environ 14 % des émissions de particules fines et 20 % des émissions d’oxyde d’azote dans l’atmosphère.

Sources :
  • New York Post

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