Dans une récente analyse frappée au coin du bon sens, bien loin des jérémiades de la bien-pensance habituelle, le constat est clinique : nous subissons une multiplication délirante de contenus falsifiés ou générés par l'intelligence artificielle. Nous assistons, avec une passivité coupable, à la monétisation décomplexée de la bêtise.
La guerre en Iran ou le conflit au Proche-Orient ne sont plus que des prétextes misérables pour diffuser des images issues de jeux vidéo.
Des simulation militaire, ou des archives de conflits passés, dans le seul but de capter l'attention. L'incitation économique est le moteur implacable de cette infamie. Sur certains réseaux sociaux, l'indigence intellectuelle est désormais littéralement rétribuée au clic. Les colporteurs de fausses nouvelles ne cherchent aucunement à informer, ils obéissent à un pur réalisme économique de bas étage. Ils exploitent la crédulité d'une masse qui a sacrifié son esprit critique sur l'autel du dogmatisme.
Car c'est bien de ce naufrage tragique qu'il s'agit. La mort intellectuelle du libre arbitre.
La réflexion exigeante, complexe et nuancée a été remplacée par un prêt-à-penser sociétal qui s'apparente aux pires fanatismes religieux. L'individu contemporain, terrorisé à l'idée d'être ostracisé par sa meute virtuelle, préfère se réfugier dans le confort douillet du consensus préfabriqué. La redoutable tyrannie de l'opinion guette quiconque oserait émettre un doute, transformant instantanément le dissident en paria. Le drame n'est pas seulement que le faux se propage, mais que personne ne désire véritablement le corriger, de peur de contredire la narration victimaire chérie par son propre camp!
La spirale de la radicalisation devient alors inévitable. Pour conserver une audience hystérisée et abreuvée de scandales, les créateurs de contenu surenchérissent perpétuellement dans la provocation. L'industrie de la haine se porte à merveille et ses dividendes crèvent les plafonds. Face à ce déluge ininterrompu, le citoyen se retrouve frappé d'apathie, écrasé par le volume étouffant de l'absurdité ambiante, finissant par accepter la falsification comme une inéluctable fatalité.
Pourtant, au milieu de ce marasme affligeant, une lueur d'espoir émerge. Une lueur d'un cynisme paradoxal.
L'outrance même de cette ère de la désinformation est en train de forger, presque malgré elle, une génération de sceptiques intraitables. À force de se faire berner par des manipulations grotesques, l'internaute développe un réflexe de défiance sanitaire. Qu'un individu en vienne à soupçonner une photographie historique de Pearl Harbor d'être une simple aberration algorithmique prête légitimement à sourire, mais cette suspicion systématique demeure mille fois préférable à la béatitude naïve d'autrefois. Ce scepticisme naissant constitue une riposte cinglante à tous les censeurs, y compris au sein des médias traditionnels, qui ont si souvent travesti la réalité pour la faire entrer au chausse-pied dans leurs grilles de lecture morales.
La solution à ce fléau ne réside aucunement dans une censure étatique paternaliste, laquelle serait immédiatement confisquée par les gardiens de l'ordre moral.
La réponse doit être d'ordre strictement pragmatique, ancrée dans la responsabilité individuelle et la rigueur économique.
Il est impératif de cesser de subventionner la falsification. Les plateformes se doivent d'instaurer une sélectivité drastique, coupant définitivement les vivres aux professionnels de l'indignation de pacotille. En asséchant la manne financière de la médiocrité, nous pourrons enfin restaurer l'ordre et l'efficacité dans notre débat public.
- Étude sur la propagation des fausses nouvelles : Vosoughi, S., Roy, D., & Aral, S. (2018). "The spread of true and false news online." Science, 359(6380), 1146-1151
- Forum Économique Mondial (World Economic Forum), Rapport sur les risques mondiaux 2024 (The Global Risks Report 2024).
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