Depuis le 23 juillet, les abonnés français de Disney+ Premium à 15,99 € par mois ne peuvent plus profiter de la 4K, du HDR ni de la 3D. La plateforme diffuse désormais ses contenus en 1080p SDR, soit la même qualité que l’offre Standard à 10,99 €. Aucune ristourne n’est proposée malgré cette dégradation technique imposée par une décision de justice.
Cette suppression s’inscrit dans une série de restrictions consécutives à deux injonctions européennes successives. La première, rendue le 16 juin par la division de Mannheim, avait déjà entraîné le retrait du Dolby Vision et de la 3D. La seconde, datée du 23 juillet et rendue par la division de Düsseldorf, vise cette fois le codec HEVC, utilisé pour l’ultra haute définition. Les deux décisions s’appuient sur l’analyse du flux vidéo de Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), diffusé en HEVC sur Disney+.
Une dégradation technique imposée
Le 23 juillet, la société InterDigital, spécialiste des brevets vidéo, a obtenu une injonction contre Disney devant la Juridiction unifiée du brevet. Le tribunal a jugé que Disney enfreignait un brevet lié à des techniques d’encodage HEVC, confirmant la validité de ce brevet. L’injonction couvre onze pays de l’Union européenne, dont la France, l’Allemagne et l’Italie. Disney dispose d’un droit d’appel.
Disney+ évoque un retrait « temporaire » de la 4K UHD et du HDR, tout en assurant travailler à un rétablissement « le plus rapide possible ». En France, le service client confirme une modification technique imposée par une procédure devant un tribunal européen des brevets. Aucun calendrier ni compensation n’a été communiqué aux abonnés.
Le passage au forfait Standard se fait en quelques clics depuis les paramètres du compte et prend effet dès la prochaine échéance de facturation. Les abonnés Premium peuvent revenir à leur offre initiale dès que Disney aura résolu son problème de brevets. En attendant, certains utilisateurs envisagent l’usage d’un VPN, mais cette solution soulève des questions de conformité aux droits d’auteur.
Disney+ justifie ces suppressions par des contraintes légales, sans pour autant proposer de geste commercial. Le Dolby Atmos et l’accès à deux écrans simultanés supplémentaires restent disponibles pour 5 € de plus par mois, mais leur utilité est désormais limitée par la dégradation globale de la qualité d’image.
Le retrait de la 4K et du HDR en France illustre les conséquences concrètes des litiges autour des brevets vidéo. Les abonnés Premium, déjà pénalisés par une offre plus chère, se retrouvent avec une qualité d’image inférieure à celle proposée avant juin 2025. Disney+ n’a fourni aucune garantie sur la durée de cette situation, ni sur les compensations éventuelles.
Le poids des décisions judiciaires
Les deux injonctions européennes successives montrent l’influence croissante des tribunaux des brevets sur les services de streaming. Les plateformes comme Disney+ doivent désormais adapter leurs infrastructures en urgence, au risque de priver leurs abonnés de fonctionnalités payantes. La rapidité des décisions contraste avec l’absence de réactivité de Disney face à ses utilisateurs.
- Numerama
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