Sur fond de mythologie réinventée, mêlant cinéma d’arts martiaux, esthétique trash et chromatique saturée, Gorgona échappe aux cases du cinéma conventionnel. Signé par Evi Kalogiropoulou, 41 ans, « artiste visuelle » entre Athènes et Londres, ce premier long-métrage s’inscrit dans la lignée de Sur le trône de Xerxès, court-métrage dystopique primé par Canal + à Cannes en 2022.

Inutile d’y chercher une cohérence narrative : la réalisatrice alterne entre lupanars putrides et scènes d’hémoglobine, cabarets miteux et terrains vagues où s’affrontent des jeunes gens virils et bigarrés. L’intrigue, si tant est qu’elle existe, suit Nikos, malade en phase terminale, tentant d’imposer Maria, sa maîtresse aux accents sorciers, parmi les prétendants au trône.

Un film entre mythologie et trash

Baroque, capiteux, outrancier, l’exercice visuel ne manque ni de saveur ni de noirceur. Pourtant, dans son dossier de presse, Kalogiropoulou tient des propos qui sonnent comme un contresens : « En Grèce, nous sommes confrontés à une crise majeure. Il y a énormément de féminicides. Des femmes meurent chaque jour. Quand on nous dit que nous avons les mêmes droits… ce sont des conneries.

La réalisatrice oppose un film radical à un discours convenu : l’art contre le militantisme.

« Mon film peut sembler violent, mais il donne à ressentir ce que subissent les femmes dans de trop nombreuses sociétés. Il faut se battre pour faire valoir nos droits légitimes. Et nos désirs. » Ces déclarations, aussi convenues que le film est radical, révèlent une contradiction frappante entre le propos et la forme.

Car Gorgona, justement, ne se plie à aucun formatage. La réalisatrice, fascinée par les torrents de masculinité stéroïdée, y déverse jusqu’au vertige ses excès visuels et narratifs. À vouloir y plaquer un discours militant, on en oublierait presque que la performance se suffit à elle-même.

Entre excès visuels et contradictions, Gorgona ne choisit pas son camp.

Le résultat ? Une œuvre qui oscille entre fascination et rejet, entre esthétique assumée et message brouillé. À prendre ou à laisser, Gorgona impose sa présence comme une expérience sensorielle avant tout.

Féminicides et droits des femmes : le discours qui dérange

Le film, produit entre la Grèce et la France, sortira en salles le 22 juillet 2026. D’une durée de 1h35, il est interdit aux moins de 12 ans.

Sources :
  • Causeur

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