La garde des enfants avait été confiée au père, une décision qui a placé la mère, fragilisée par des problèmes de santé mentale, dans une situation de grande vulnérabilité. Hospitalisée en psychiatrie entre mai 2022 et janvier 2024, cette dernière affirmait avoir tenté à plusieurs reprises de contacter ses enfants après sa sortie. Ses démarches, aussi bien auprès des établissements scolaires qu’auprès des services sociaux, se sont heurtées à un mur de silence ou d’indifférence. Le procureur Nicolas Heitz, qui a détaillé ces éléments lors d’une conférence de presse, souligne l’ampleur de l’échec collectif qui a permis cette séquestration prolongée.
Selon les déclarations du magistrat, la mère aurait signalé à plusieurs reprises l’absence de son fils, alors âgé de 9 ans, auprès de l’école primaire de Hagenbach. Pourtant, les responsables de l’établissement lui auraient répondu ne pas avoir d’enfant scolarisé sous ce nom. Cette incohérence, révélée lors de l’enquête, illustre les failles dans le suivi des familles à risque et dans la coordination entre les institutions. La sœur de l’enfant, également concernée, a été placée sous la protection de l’aide sociale à l’enfance, tandis que le garçon reste hospitalisé pour évaluer son état physique et psychologique.
Des alertes répétées, des réponses insuffisantes
Malgré les témoignages de la mère et ses tentatives répétées pour obtenir des réponses, aucune alerte n’a été déclenchée à temps pour éviter le pire. Le procureur n’a pas précisé si des signalements avaient été effectués auprès des services sociaux ou de la police, mais les éléments recueillis suggèrent une absence de réaction proportionnée à la gravité de la situation. La question des droits de visite accordés à la mère, obtenus après sa sortie de l’hôpital psychiatrique, se pose également : ces visites lui ont-elles été accordées trop rapidement, sans évaluation préalable suffisante de sa stabilité ?
Un système à bout de souffle
Le petit garçon de 9 ans, toujours hospitalisé, porte les stigmates d’années de maltraitance. Sa sœur, scolarisée en classe de sixième, a été retirée du foyer paternel et confiée à l’aide sociale à l’enfance. Les investigations se poursuivent pour déterminer les responsabilités de chacun et comprendre pourquoi les signaux d’alerte n’ont pas été pris au sérieux. Cette affaire soulève une fois de plus la question des moyens alloués à la protection de l’enfance et de la nécessité d’une vigilance accrue dans le suivi des familles en difficulté.
- France Info
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