Bruno, 41 ans, veilleur de nuit dans des hôtels, a résolu un cold case vieux de 33 ans en identifiant l’inconnue de Verdun, une jeune femme enterrée sous X en 1989. Son enquête, menée en parallèle de son travail, a permis de relier cette affaire à la disparition d’Élisabeth Wessels, une Allemande de 31 ans portée disparue en février 1989 à Verdun.

L’homme, passionné depuis l’enfance par les faits divers, raconte avoir été marqué par le meurtre d’Élodie Kulik à 17 ans. « Certaines affaires n’étaient pas élucidées, ça m’a vraiment intrigué », explique-t-il. Son intérêt s’est renforcé avec le dossier Michel Fourniret, qu’il a suivi pendant des années, allant jusqu’à se rendre trois mois dans les Ardennes pour explorer les lieux liés aux crimes de l’ogre des Ardennes.

Une enquête menée hors des institutions

En 2020, en fouillant des archives belges numérisées, Bruno tombe sur un article évoquant un corps exhumé en 2004 dans la Meuse. « Je me suis dit : mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? », raconte-t-il. Ce corps, enterré sous X, correspond à une jeune femme retrouvée morte à Verdun en 1989. « Je me suis mis en tête de le faire », ajoute-t-il, déterminé à identifier cette inconnue.

Un réceptionniste de nuit, sans lien avec la police, résout un cold case vieux de 33 ans.

Pour avancer, Bruno recense les disparitions et les corps non identifiés en France et en Europe. Il écarte rapidement les pistes des pays de l’Est, la chute du mur de Berlin datant de 1989. Ses recherches le mènent vers une annonce de disparition : celle d’Élisabeth Wessels, une Allemande de 31 ans portée disparue en février 1989 à la gare de Verdun.

L’inconnue de Verdun présentait une dentition abîmée, tout comme Élisabeth Wessels. Bruno contacte les autorités néerlandaises pour leur signaler que la disparue pourrait être enterrée au cimetière de Verdun. Malgré une incohérence sur la date de décès indiquée sur l’acte (décembre 1988 au lieu de février 1989), il persiste dans son hypothèse.

« Ils se sont dit que j’avais du biscuit, que je n’étais pas un médium, que je suis un gars qui a creusé », affirme Bruno. Il relance l’hôpital ayant effectué un schéma dentaire de l’inconnue pour comparer avec les dents d’Élisabeth Wessels. Quelques mois plus tard, l’ADN confirme son intuition : l’inconnue de Verdun est bien Élisabeth Wessels.

L’inconnue de Verdun était une Allemande disparue en 1989.

La famille et la police ont remercié Bruno pour son travail. Poussé par ses collègues, il crée en 2020 une page YouTube dédiée aux faits divers et aux cold cases, Infocrimes. « En France, il y a des corps retrouvés non identifiés. Qui va se battre pour ces personnes ? Il faut bien que quelqu’un le fasse », souligne-t-il.

L’identification par la persévérance

Saisonnier, Bruno passe ses étés dans les hôtels, mais son enquêteur persiste toute l’année. Ses recherches pourraient encore révéler d’autres identifications. « C’est une passion », confie-t-il, motivé par la vulnérabilité des victimes oubliées.

Sources :
  • BFMTV

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