Le spectre de la faillite plane sur des milliers d'entreprises américaines, étranglées par une cascade de crises qui ont suivi l'imposition de tarifs douaniers massifs. Avec des remboursements de 166 milliards de dollars promis par l'administration Trump, certaines sociétés n'ont plus le luxe d'attendre : elles utilisent leurs créances fiscales comme cautions pour obtenir des liquidités immédiates, une manœuvre risquée mais devenue nécessaire.
La décision de la Cour suprême, rendue il y a deux mois, a invalidé les droits de douane instaurés par l'IEEPA, ouvrant la voie à des remboursements massifs pour les importateurs américains. Pourtant, cette victoire juridique se transforme en casse-tête opérationnel pour des secteurs entiers, du manufacturing à l'automobile en passant par la grande distribution. Les marges se compressent, les ventes s'effritent, et les investissements sont reportés, comme en témoignent les chiffres de l'enquête KPMG de février : 82 % des entreprises déclarent une baisse des ventes à l'export, 61 % à l'import national, tandis que 70 % ont gelé leurs projets d'envergure.
Un système de remboursement sous haute tension
Face à l'incertitude sur le calendrier des remboursements – les premiers versements ne sont attendus qu'à partir du 20 avril via un système automatisé –, les entreprises se tournent vers des solutions de dernier recours. Selon les données de la CBP, seules 8 % des 330 000 sociétés concernées ont déjà engagé la procédure de remboursement automatique, totalisant 120 milliards de dollars de créances. Pour celles qui ne peuvent patienter, la mise en garantie de leurs droits à remboursement auprès des banques devient une alternative, avec un ratio d'emprunt oscillant entre 50 % de la valeur de la créance, contre un quart seulement pour ceux qui cèdent leurs droits à des fonds spécialisés.
L'urgence financière prime sur la prudence
Les risques sont pourtant loin d'être négligeables. Les experts soulignent la possibilité de remboursements partiels, voire de rejets de demandes, tandis que certains anticipent un délai de plusieurs années pour l'octroi des fonds, en raison du volume colossal à traiter. « Vous n'avez pas résolu le problème, vous l'avez simplement financé », résume Wes Harrell, responsable d'un groupe de trading chez Seaport Global, mettant en garde contre les intérêts accumulés qui pourraient dépasser le montant du remboursement lui-même.
- Fortune
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