Donald Trump a été évacué en urgence de la table d’honneur du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, aux côtés de Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants. L’événement, où la presse de Washington se mêle habituellement au pouvoir en smoking, s’est achevé dans la panique : un agent a été blessé à la poitrine, arrêté net par son gilet pare-balles, avant que le tireur ne soit abattu par les forces de sécurité. Le dîner a été annulé et reprogrammé dans un mois.

Cole Tomas Allen, 31 ans, ingénieur mécanique diplômé du Caltech en 2017 et développeur indépendant de jeux vidéo, a été identifié comme l’auteur des tirs. Auteur d’un titre non violent nommé Bohrdom, il était également tuteur pour étudiants en prépa. Son torse nu et menotté, il gisait au sol quelques minutes après les premiers coups de feu.

Un manifeste qui reprend les mots de la haine

Trump a tenu une conférence de presse deux heures plus tard depuis la Maison-Blanche. Il a salué le professionnalisme du service de protection présidentielle et ironisé sur les dangers du métier de président. Il a de nouveau plaidé pour la construction d’une grande salle de bal sécurisée sur les pelouses de la résidence : « Ce qui s’est passé hier soir est exactement la raison pour laquelle nous avons besoin d’une grande salle de bal sûre et sécurisée.

Le courrier de revendication laissé par Allen avant son acte révèle une cible précise : il affirmait vouloir s’en prendre à tous les responsables de l’administration Trump, à l’exception de Kash Patel, alors directeur du FBI. Il chargeait le président américain de propos extrêmes : « Je ne suis plus disposé à permettre à un pédophile, un violeur et à un traître de me salir les mains de ces crimes.

L’analyse des mots utilisés par Allen dans son manifeste interroge. Les formules qu’il reprend ne sont pas sorties de son esprit isolé : elles ont été martelées pendant une décennie dans les colonnes du New York Times, sur CNN, dans les tweets de stars ou les discours de campagne. Quand un adversaire politique est présenté non comme un rival, mais comme un monstre existentiel, un danger pour la démocratie, voire un violeur en série, il arrive qu’un esprit fragile tire la conclusion logique avec une balle plutôt qu’un bulletin de vote.

Le dîner des correspondants, ce raout annuel où la presse de Washington, si prompte à dénoncer Trump le reste de l’année, se pavane en smoking avec le pouvoir, a basculé dans le chaos. L’événement, symbole d’une presse qui fraternise avec l’exécutif avant de le critiquer dès le lendemain, a révélé une fracture profonde.

Le dîner des correspondants, symbole d’une presse à double visage

Trump n’a pas manqué de souligner l’ironie de la situation : alors que les médias célèbrent leur proximité avec le pouvoir, l’un d’eux bascule dans la violence. Son projet de salle de bal sécurisée, longtemps moqué, prend soudain une dimension concrète. La sécurité des institutions semble désormais une priorité que plus personne ne peut ignorer.

Sources :
  • Causeur

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