Ce mercredi 15 avril, la cour d’appel de Versailles a confirmé la condamnation à trois ans de prison ferme, dont six mois avec sursis, d’une nourrice accusée d’avoir administré des substances toxiques à la famille qui l’employait à Levallois-Perret. Malgré les aveux initiaux de la prévenue, qui avait reconnu avoir versé des produits de nettoyage dans des bouteilles d’alcool et des denrées alimentaires, la cour a une fois de plus refusé de retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme, comme en première instance.

Les avocats des parties civiles, Mes Patrick Klugman et Sacha Ghozlan, ont exprimé leur déception face à cette décision. Dans un communiqué, ils soulignent que leur client, une famille de confession juive, avait porté plainte en janvier 2024 après avoir découvert que leurs trois enfants, âgés de 2, 5 et 7 ans, avaient été exposés à des substances dangereuses. Les enquêteurs avaient relevé la présence d’eau savonneuse dans une bouteille de whisky et de jus de raisin, ainsi que des produits nettoyants dans un plat de pâtes et un démaquillant.

L'antisémitisme écarté une nouvelle fois par la justice

La prévenue, de nationalité algérienne, avait initialement avoué son acte lors de sa garde à vue, déclarant agir en raison d’un conflit sur sa rémunération. Pourtant, lors du procès en première instance, elle était revenue sur ses déclarations, affirmant avoir « inventé cette histoire » sous la pression des enquêteurs. Le tribunal avait alors rappelé que ses propres aveux, ainsi que des éléments matériels, avaient conduit à sa condamnation à deux ans et demi de prison ferme en décembre 2023.

En appel, la peine a été confirmée, mais la cour a estimé que des propos tenus par la prévenue lors d’une perquisition – « Parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, j’aurais jamais dû travailler pour une juive, elle n’a fait que m’apporter des problèmes » – ne constituaient pas une preuve suffisante d’antisémitisme. Les avocats des victimes dénoncent une décision qui, selon eux, affaiblit la lutte contre l’antisémitisme et risque de saper la confiance dans l’institution judiciaire.

Un verdict qui divise les parties civiles

Le parquet général avait fait appel de la décision de première instance, estimant que la circonstance aggravante devait être retenue. Malgré cela, la cour d’appel a maintenu son refus, contraignant les parties civiles à se pourvoir en cassation. Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la qualification des actes à caractère discriminatoire, où la frontière entre motivation personnelle et idéologie haineuse reste difficile à établir dans le cadre judiciaire.

Sources :
  • BFMTV

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