Ce mardi 7 juillet, au deuxième jour du procès de Lakhdar M., la cour d’assises de Paris a reconstitué la scène macabre des Buttes-Chaumont. Tas de copeaux de bois, grillage de un mètre cinquante, branchages entassés : c’est dans ce décor de décharge à ciel ouvert que fut découvert, le 13 février 2023, un sac-poubelle noir contenant une partie du corps d’Assia B., tuée puis démembrée par son mari.

Les premiers témoins à comparaître sont deux jardiniers municipaux. Leur découverte a déclenché l’enquête. Ce matin-là, l’un d’eux raconte une journée de travail comme les autres. Avec son collègue, il récupère du bois broyé lorsque apparaît, dissimulé sous un tas de branchages, un sac-poubelle de couloir noir. "Mon collègue l’a tiré avec la griffe", explique-t-il. "Le sac était trop lourd, il n’a pas réussi à le ramener vers lui. Il l’a attrapé avec sa main et il s’est déchiré.

Le choix macabre du parc parisien

Sur le moment, "je n’ai pas compris ce que c’était", confie son collègue. Les deux hommes réalisent rapidement qu’il s’agit d’une partie d’un corps humain. "On a appelé notre supérieur hiérarchique, la police est arrivée. Malheureusement j’étais présent lorsqu’ils ont ouvert le sac.

Un sac noir sous les branchages : la découverte qui a tout déclenché.

Ils décrivent une zone réservée aux agents des espaces verts, fermée par un cadenas mais visible depuis une allée du parc. Un secteur peu fréquenté, où sont stockés les végétaux avant recyclage. Pour le premier témoin, le choix du lieu n’était pas un hasard. "Je pense que pour la personne qui a laissé le corps, c’était un endroit caché", indique-t-il. Son collègue précise que le sac était posé au sommet du tas de copeaux, contre le mur.

Les débats prennent alors des allures de reconstitution. Les photographies du site sont projetées dans la salle d’audience. Fallait-il connaître cet espace pour y déposer le sac ? Était-il plus simple de le lancer par-dessus le mur ? Les branchages ont-ils été placés volontairement ou auraient-ils pu être jetés plus tard par les jardiniers ?

Le premier témoin admet que d’autres agents ont pu déposer des branchages sans remarquer le sac. Le second en doute : "Normalement, on ne mélange pas les branches avec les copeaux. Ça m’étonnerait que des collègues aient mis des branches sur le tas, encore plus sur un sac.

Lakhdar M. avait signalé la disparition de sa femme, déjà morte, au commissariat.

Au-delà des considérations techniques, une question obsède la cour : Lakhdar M., qui a abandonné un premier sac-poubelle dans cette décharge, cherchait-il à dissimuler la partie du corps de sa femme ou voulait-il qu’elle soit découverte ?

L'accusé face à son frère et à ses enfants

La cour a également entendu le frère aîné de Lakhdar M. À 64 ans, l’homme peine à contenir son émotion. "C’est une tragédie, un acte que je condamne", souffle-t-il avant de penser à Assia et ses enfants. Dans son box, l’accusé, vêtu d’un t-shirt rouge, détourne le regard. En 2023, lorsque Lakhdar M. lui annonce la disparition de son épouse plusieurs jours après les faits, il dit avoir été immédiatement inquiet. "Il m’a dit qu’elle n’était pas rentrée depuis quatre ou cinq jours. Je me suis dit que c’était anormal, j’ai paniqué", explique-t-il. Lakhdar M. avait signalé par deux fois la disparition de sa femme, déjà tuée, au commissariat local. Une enquête pour disparition inquiétante avait été ouverte.

Sources :
  • BFMTV

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