À Nimègue, aux Pays-Bas, une seule question domine les débats : faut-il redouter un nouveau foyer d'infection après qu'un protocole sanitaire n'a pas été respecté ? Douze soignants de l'hôpital universitaire de Nimègue ont été placés en quarantaine pour une durée de 45 jours. La raison ? Des erreurs commises lors de prélèvements de sang et d'urine sur un patient testé positif à l'hantavirus.
L'établissement concerné, situé dans cette ville du sud-est des Pays-Bas, abrite un malade contaminé par ce virus. Les règles sanitaires strictes n'ont pas été appliquées lors des manipulations biologiques. Un interne d'un autre service, interrogé par les médias locaux, confirme que les précautions restent inégales. Le laxisme menace la sécurité sanitaire : « Je porte un masque dans l'hôpital au cas où. De ce que je sais, la contamination entre humains n'est pas aussi facile que pour le Covid. Donc c'est un peu plus souple », explique Karl Demeter, interne dans l'établissement.
Une faille protocolaire aux conséquences lourdes
En théorie, les prélèvements biologiques doivent être scellés et mis dans un triple emballage stérile avant toute manipulation. Or, le protocole a été défaillant. Bertine Lahuis, directrice du conseil d'administration de l'hôpital universitaire de Nimègue, alerte sur les conséquences : « Un certain nombre d'employés ont été en contact avec du sang et de l'urine. Cela signifie qu'il existe un risque de contamination. Et si ce risque existe, vous devez prendre des mesures, aussi contraignantes soient-elles ».
Au total, 12 soignants sont confinés à leur domicile pendant 45 jours. Selon l'hôpital, le risque de contamination pour ces cas contacts reste faible. Pourtant, la population locale exprime son inquiétude. « Si l'hôpital commet ce genre d'erreur, ça me fait perdre confiance » ; « Je vois les gros titres et c'est un peu effrayant. Il vaudrait mieux qu'ils soient confinés à l'hôpital plutôt que de les envoyer chez eux en espérant qu'ils respectent leur confinement », déclarent plusieurs habitants de Nimègue.
À ce jour, quatre patients néerlandais ont contracté l'hantavirus. Deux d'entre eux en sont morts. Depuis les premières contaminations, plusieurs navires ont accosté aux Pays-Bas avec des passagers potentiellement exposés. Certains sont hébergés dans des centres de quarantaine. Dimanche prochain, le MV Hondius doit arriver à Rotterdam pour débarquer son personnel de bord. Avec autant de cas contacts, les autorités néerlandaises insistent sur la nécessité d'appliquer rigoureusement le protocole sanitaire.
Les autorités sanitaires néerlandaises rappellent que l'hantavirus se transmet principalement par inhalation de particules infectieuses provenant des excréments de rongeurs. La contamination interhumaine reste exceptionnelle, mais les protocoles doivent être respectés pour éviter toute propagation.
La population en alerte face aux erreurs médicales
Un navire de croisière transportant des passagers potentiellement exposés au virus a récemment accosté aux Pays-Bas. Les autorités locales ont renforcé les mesures de surveillance et imposé des quarantaines pour les passagers à risque. La gestion de cette crise sanitaire met en lumière les failles des protocoles en milieu hospitalier et les défis logistiques des autorités face à une épidémie émergente.
- France Info
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