Leo Schilperoord, passager néerlandais à bord du MV Hondius, est désormais considéré comme le patient zéro d’une chaîne de contamination à l’hantavirus. Les autorités sanitaires ont identifié son rôle central après avoir reconstitué la chronologie des symptômes et des expositions. Il a embarqué le 1er avril, mais ses premiers signes de maladie sont apparus dès le 6 avril, soit cinq jours plus tard. Une durée trop courte pour envisager une contamination à bord du navire, selon les experts.
Anne-Claude Crémieux, membre du collège de la Haute Autorité de Santé, confirme cette analyse : "Il est tombé malade cinq jours après avoir embarqué. C'est trop tôt pour imaginer qu'une contamination ait pu avoir lieu à bord." La piste d’une infection contractée avant l’embarquement s’impose donc. Mais où exactement ?
Un précédent meurtrier en Patagonie
Le couple a voyagé cinq mois en Amérique du Sud, notamment en Argentine, au Chili et en Uruguay, avant de rejoindre Ushuaïa pour embarquer. Lors de leur séjour dans la région, ils se sont rendus sur une décharge près de la ville, attirés par l’observation d’oiseaux rares. Un environnement propice à la présence de rongeurs porteurs du virus, mais les autorités locales écartent cette hypothèse. Pour elles, la contamination remonterait à une période antérieure, entre deux et quatre semaines plus tôt, dans le nord de la Patagonie argentine, où l’hantavirus est endémique.
Juan Sacundo Patrina, directeur de l’épidémiologie de l’île de Terre de Feu, précise : "Le scénario le plus plausible, c'est que ces touristes ont été exposés au virus entre 2 et 4 semaines plus tôt, lors de leur voyage au nord de la Patagonie en Argentine." Une zone où la maladie circule régulièrement, comme en témoignent les précédents épisodes dans la région.
En 2018, la commune d’Epuyén, en Argentine, avait été le théâtre d’une épidémie d’hantavirus lors d’une fête d’anniversaire. Sur 34 personnes contaminées, 11 étaient décédées. Depuis, les habitants vivent dans l’inquiétude permanente. "On ne sait jamais. Peut-être que des souris sont passées et qu'elles ont uriné dans la poubelle. Donc j'ai toujours la main devant mon visage", confie un riverain. Une vigilance qui s’est généralisée dans la région.
Face à la menace, les autorités sanitaires ont imposé un isolement obligatoire de 45 jours à l’ensemble des cas contacts. Une centaine de personnes, dont des familles entières, ont été placées en quarantaine. Le port du masque et un suivi clinique strict ont été imposés. Le Pr Antoine Flahault, épidémiologiste, salue cette gestion : "Ils ont réussi véritablement à faire en sorte qu'il n'y ait pas de débordement et pas de chaîne de contamination, y compris lors des isolements hospitaliers.
Les chercheurs procèdent actuellement au séquençage du virus pour déterminer s’il correspond à la souche responsable de l’épidémie de 2018. Une comparaison essentielle pour comprendre l’évolution du pathogène et adapter les mesures de prévention.
Quarantaines strictes pour éviter une propagation
Les autorités sanitaires restent en alerte. La Patagonie, région touristique prisée, concentre désormais l’attention des épidémiologistes. La gestion des risques sanitaires y devient un enjeu majeur, alors que les voyages en Amérique du Sud reprennent leur essor après la pandémie.
- France Info
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