Melvyn a été violemment agressé près de la place Stanislas, à Nancy, en avril dernier. Une agression homophobe d'une rare violence, selon ses propres mots : *« Quand je me faisais agresser au sol, j’entendais :

. C’était d’une violence inouïe, à la fois verbale et physique. Je suis encore traumatisé aujourd’hui »*, confie le jeune homme. Il a porté plainte, mais l’impact psychologique persiste.

La mécanique des guet-apens

Les guet-apens, ces rencontres en ligne détournées en pièges, connaissent une progression inquiétante. Selon SOS Homophobie, une agression de ce type est recensée tous les trois jours en France. « Ce mode opératoire se généralise et installe un climat de peur », souligne l’association dans son rapport annuel, publié à six jours de la Journée mondiale contre les LGBTphobies.

« On ne peut plus faire confiance aux rencontres en ligne. » — Témoignage d’un militant associatif

À Dijon, un autre cas illustre cette tendance : un homme a été passé à tabac alors qu’il croyait rencontrer quelqu’un via une application. « On ne peut plus faire confiance à ces plateformes », déplore un militant associatif. Les victimes, souvent isolées, peinent à se protéger. « Les agressions surviennent dans des lieux isolés, loin des regards », précise SOS Homophobie.

Pour limiter les risques, certains usagers des sites de rencontres durcissent leurs précautions. « Je vérifie systématiquement la véracité des profils : au moins trois photos concordantes, des preuves de vie récentes, et je choisis des lieux publics », explique un habitué. « Mon instinct me sauve plus souvent qu’il ne me trompe », ajoute-t-il.

Face à cette recrudescence, SOS Homophobie réclame la création d’un parquet spécialisé pour traquer ces infractions. « Les agressions homophobes doivent être traitées avec la même rigueur que les autres crimes de haine », insiste l’association. Sans réponse judiciaire adaptée, le sentiment d’impunité persiste.

16 % des personnes LGBT+ agressées en un an : le chiffre qui alerte

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 % des personnes LGBT+ ont subi une agression physique ou verbale au cours des douze derniers mois. « Ce chiffre est en hausse et reflète une réalité de plus en plus brutale », commente un porte-parole. Les guet-apens, autrefois marginaux, représentent désormais une part croissante de ces violences.

Un parquet spécialisé pour endiguer la violence

Les associations dénoncent aussi l’inaction des pouvoirs publics. « On parle beaucoup de lutte contre les discriminations, mais les moyens concrets manquent », regrette un militant. « Les victimes se heurtent à des lenteurs administratives et à un manque de prise en charge psychologique », ajoute-t-il. Le parcours du combattant judiciaire reste la norme.

Sources :
  • France Info

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