Le 22 octobre 2025, le tribunal correctionnel de Toulouse a rendu son verdict : trente années derrière les barreaux pour Cédric Jubillar. Reconnu coupable du meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, disparue cinq ans plus tôt, il purge désormais la peine maximale encourue pour ce type de crime. Les débats du premier procès avaient révélé des éléments accablants, notamment des aveux retranscrits dans un écrit détaillé remis par l'accusé à la police judiciaire.

Un procès marqué par les aveux retranscrits

Les circonstances de la disparition de Delphine Jubillar, survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, avaient immédiatement suscité l'émotion. Son corps n'a jamais été retrouvé, mais les investigations avaient permis d'établir une chronologie des derniers jours de la victime. Les enquêteurs avaient notamment relevé des incohérences dans les déclarations de son mari, alors âgé de 33 ans.

Lors du procès, les procureurs avaient insisté sur la stratégie de dissimulation mise en place par l'accusé. Des traces de sang avaient été identifiées dans le véhicule familial, tandis que des témoignages évoquaient des tensions croissantes au sein du couple. Les experts judiciaires avaient également souligné la rigidité des aveux consignés, jugés trop précis pour être spontanés.

L'absence de corps, un obstacle pour la défense

La défense, qui plaidait l'absence de preuves matérielles directes, avait tenté de démonter la thèse de la culpabilité. Elle avait notamment contesté la fiabilité des aveux, obtenus après plusieurs heures d'interrogatoire. Pourtant, les jurés avaient retenu la version de l'accusation, considérant que les éléments matériels et les contradictions dans les propos de l'accusé pesaient lourd dans la balance.

Trente ans de prison pour un crime sans cadavre. La justice a tranché, mais les zones d'ombre persistent.

L'avocat général avait requis une peine exemplaire, rappelant que le crime avait privé Delphine Jubillar de sa vie mais aussi leurs deux enfants, alors âgés de 5 et 7 ans, d'une mère. « Ce dossier est marqué par une cruauté méthodique », avait-il déclaré lors de son réquisitoire. La cour a suivi cette ligne en prononçant une condamnation à la limite du maximum légal.

Les aveux, trop précis pour être crédibles. La défense n'a pas réussi à les faire voler en éclats.

Cédric Jubillar, qui a toujours nié les faits, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. Son procès en seconde instance s'ouvrira le 15 septembre 2026 devant la cour d'assises d'appel de Toulouse. Une procédure qui s'annonce tendue, les parties civiles ayant déjà prévenu qu'elles réclameraient une confirmation du verdict.

L'appel, dernier espoir pour l'accusé

Les associations de victimes, réunies après l'annonce du verdict, ont salué une décision « historique » pour la justice française. « Enfin une réponse à l'impunité des crimes conjugaux », a réagi l'une d'elles. De son côté, la famille de Delphine Jubillar a exprimé un soulagement, tout en rappelant que l'absence de corps maintenait une incertitude sur les circonstances exactes de sa mort.

Sources :
  • France Info

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