La France fait face à une flambée des prix des carburants, et la CGT entend bien faire entendre sa voix. Dans un entretien accordé à Ouest-France ce lundi soir, Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, a appelé à un « blocage des prix de l’énergie ». Pour elle, il est urgent de fixer un plafond à la pompe, par exemple à 1,70 € le litre, tout en limitant les marges des pétroliers. Une mesure qu’elle juge indispensable pour protéger le pouvoir d’achat des Français, alors que l’inflation reste un sujet brûlant.
Sophie Binet n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les bénéfices records réalisés par les groupes pétroliers. « Ils font des marges énormes et des profits indécents, a-t-elle souligné. En mars, TotalEnergies a réalisé un milliard de bénéfices grâce à la spéculation sur la crise énergétique. » Face à cette situation, elle a également plaidé pour une modulation des taxes en fonction des cours de l’énergie, et propose de ramener la TVA à 5,5 % sur les produits de première nécessité, dont l’énergie. Autre piste évoquée : le rétablissement des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, indexés sur les coûts de production plutôt que sur les marchés.
Les syndicats contre les marges des pétroliers
Interrogée sur la question d’une taxe exceptionnelle sur les surprofits des pétroliers, Sophie Binet a défendu l’idée d’une imposition ciblée. « Il faut taxer les profits, les dividendes et les très hauts revenus », a-t-elle martelé. Parallèlement, elle a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles en planifiant, par exemple, la production en France de véhicules électriques accessibles. Une vision qui s’inscrit dans une démarche de transition énergétique plus ambitieuse et plus juste.
Les derniers chiffres disponibles confirment l’ampleur de la hausse. Selon les données de l’AFP, le gazole s’échangeait à 2,307 € le litre et l’essence SP95-E10 à 2,014 € en moyenne ce dimanche. Une progression de 17 % pour l’essence depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, et de 34 % pour le gazole. Face à cette situation, Bercy a annoncé le lancement d’un « prêt flash carburant » en partenariat avec Bpifrance, destiné aux TPE et PME des secteurs les plus exposés. Les entreprises éligibles pourront emprunter entre 5 000 € et 50 000 € à un taux de 3,80 %, sans garantie requise.
Bercy tente une réponse d'urgence aux TPE et PME
La mobilisation syndicale sur le pouvoir d’achat et les prix de l’énergie prend une nouvelle dimension. Entre les appels au blocage des prix portés par Sophie Binet et les mesures d’urgence annoncées par le ministère de l’Économie, le gouvernement se trouve sous pression. Les syndicats représentatifs, dont la CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC et la CFTC, seront reçus ce mardi par Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, pour discuter des pistes de régulation. Avec des prix à la pompe qui grimpent de plus de 30 % en quelques semaines et des marges des pétroliers pointées du doigt, la question de l’équité fiscale et de la transition énergétique s’impose comme un enjeu central pour les mois à venir.
- Le Parisien
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