Une étude Ifop pour JOYclub, menée du 6 au 9 mars 2026 auprès de 2 210 Français âgés de 18 ans et plus, dresse un portrait surprenant de la sexualité des jeunes femmes. Selon les résultats, 61 % d’entre elles déclarent s’être déjà fait gifler, fesser, griffer, mordre ou tirer les cheveux lors de rapports. Quarante-quatre pour cent ont déjà pratiqué l’amour attaché, tandis que 30 % ont exploré des jeux érotiques de domination ou de soumission. Ces pratiques ne relèvent pas du hasard : elles dessinent une norme érotique qui interroge.

Une norme érotique qui interroge

Pour certains observateurs, ces chiffres témoignent d’une génération « biberonnée au porno », en quête de sensations toujours plus extrêmes. L’IFOP avance une autre hypothèse : cette évolution refléterait l’assentiment des jeunes femmes à une norme érotique masculine, où l’homme impose et la femme subit. Le patriarcat, sous une forme renouvelée, persisterait donc dans l’intimité.

Pourtant, cette interprétation ne fait pas l’unanimité. Plusieurs femmes interrogées par Libération assument pleinement leur attirance pour une certaine brutalité, à condition qu’elle reste symbolique et partagée. Aucune, soulignent-elles, n’éprouve de plaisir à se faire tabasser pour de vrai. La sexualité, rappellent-elles, est avant tout un jeu, une représentation où les fantasmes échappent aux codes sociaux.

Entre jeu et soumission : le paradoxe des pratiques

Les fantasmes, en effet, se jouent des convenances. Ils ignorent les injonctions des mouvements comme MeToo, qui veulent imposer une sexualité égalitaire, transparente et contractuelle. Pour la propagande néo-féministe, toute pratique non encadrée par des règles strictes devient suspecte, voire criminelle. Pourtant, les jeunes Français semblent avoir compris une chose : le sexe n’est pas un contrat, mais une aventure trouble, où se mêlent désir, culpabilité et danger.

Le sexe n’est pas un contrat, mais une aventure où Éros flirte avec Thanatos.

Éros, rappelle l’étude, flirte toujours avec Thanatos. Le plaisir côtoie la douleur, la domination côtoie la soumission, et l’incompréhension côtoie l’audace. Dans ce chaos organisé, une génération semble avoir choisi de ne pas renoncer à la complexité de ses désirs.

Pourtant, derrière cette apparente liberté, des questions persistent. Faut-il y voir une émancipation ou une soumission déguisée ? L’étude ne tranche pas, mais elle révèle un fait : les jeunes Françaises assument désormais des pratiques autrefois taboues, sans pour autant renier leur désir de contrôle.

61 % des jeunes femmes ont déjà subi des actes violents lors de rapports. Une norme ou une soumission déguisée ?

Le paradoxe reste entier. D’un côté, une société qui prône l’égalité dans tous les domaines, y compris l’intime. De l’autre, des pratiques qui semblent perpétuer une forme de domination masculine, même sous couvert de jeu.

La sexualité face aux dogmes du puritanisme moderne

Une chose est sûre : la sexualité des jeunes générations ne se laisse plus enfermer dans les cases du politiquement correct. Elle revendique sa part d’ombre, sa part de violence symbolique, et son droit à l’ambiguïté.

Sources :
  • Causeur

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO