Le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée israélienne, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme : Tsahal manque d’environ 12 000 soldats actifs. Ce déficit structurel risque de s’aggraver dès janvier 2027, lorsque la première cohorte de conscrits ayant servi 30 mois au lieu de 36 sera démobilisée. Sans modification législative d’ici là, la situation pourrait devenir ingérable.

Le gouvernement israélien a pourtant réduit la durée du service obligatoire à 30 mois en août 2024, malgré les mises en garde répétées de l’armée. Le lieutenant-général Zamir exige désormais son rétablissement à 36 mois pour les hommes. Une décision qui tarde à être prise, alors que les besoins en effectifs n’ont jamais été aussi pressants.

Un vivier de recrutement en échec

Les réservistes, eux, paient déjà le prix de cette pénurie. Initialement prévus pour 55 jours de service en 2026, beaucoup ont déjà effectué entre 80 et 100 jours en raison de la guerre sur plusieurs fronts. Un surcharge insoutenable qui menace la cohésion des unités.

Une armée à bout de souffle avant même d’avoir perdu la guerre.

L’armée israélienne a besoin de 12 000 nouvelles recrues, dont 7 000 soldats de combat, pour faire face à la pression des opérations militaires prolongées. Les réservistes, épuisés, voient leurs obligations s’allonger dangereusement. « Si aucune mesure n’est prise maintenant, le système tout entier sera bouleversé », a prévenu un haut responsable.

Pour tenter de combler ce vide, Tsahal a élargi son vivier de recrutement : davantage de postes de combat ouverts aux femmes, appel aux exemptés de réserve, et intégration progressive des hommes ultra-orthodoxes. Pourtant, seulement 3 000 d’entre eux se sont enrôlés sur les 4 800 prévus annuellement. Un échec relatif face à l’urgence.

Le gouvernement, lui, semble privilégier un projet de loi exonérant les étudiants des yeshivot haredim du service militaire, malgré l’opposition de l’armée. Pourtant, 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans pourraient combler une partie du déficit. Leur exemption aggrave la crise des effectifs.

80 000 réfractaires, 12 000 soldats manquants : le compte n’y est pas.

Selon les dernières estimations, près de 80 000 personnes sont ou seront bientôt réfractaires à la conscription. Parmi elles, la moitié sont identifiées comme ultra-orthodoxes, et un quart comme haredim. Une proportion alarmante qui illustre l’ampleur du rejet des obligations militaires dans certains milieux.

Le gouvernement face à ses contradictions

Face à cette crise, l’armée israélienne tente de compenser par tous les moyens. Mais sans loi urgente, le risque est grand : une armée affaiblie, des réservistes au bord de l’épuisement, et une capacité opérationnelle menacée. Le compte à rebours est lancé.

Sources :
  • Times of Israel

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